soulevant au rythme de sa respiration. La journée est bien entamée mais la veille on
s'est couché tard, jouant à la console jusqu'à pas d'heure. Je pénètre dans la couloir
sombre cherchant l'interrupteur à tâtons quand mon pied butte sur un truc. Je me
retiens de jurer pour ne pas le réveiller mais j'ai envie de hurler. J'attrape
instinctivement mon pied endolori et regarde par terre. Une boîte en métal appartenant
à Tom. Qu'est-ce que ça fou là? C'est vraiment trop le bordel, on ne peut même plus
mettre un pied devant l'autre dans cette maison et la cuisine est dans un état déplorable!
Il nous faut une femme de ménage! Maintenant que nous sommes en pavillon c'est
plus que jamais nécessaire à notre survie! Je prends mon téléphone alors que mon
café chauffe.
- Allo, fait la voix.
- Oui bonjour Lin c'est Bill, Bill Kaulitz.
- Comment ça va Bill? Elle a l'air surprise de m'entendre.
- Bien et vous ?
- Très bien aussi, que me vaut l'honneur de votre appel?
- Et bien... Tom et moi venons d'emménager dans une grande maison et
nous aurions besoin de vos services.
- Je suis désolée Bill mais c'est impossible. Je ne peux plus travailler pour
vous.
- Je comprends que vous en vouliez en Tom de vous avoir traité ainsi mais il
était dans une mauvaise passe. Il s'excusera mais revenez s'il vous plait.
- Je ne sais pas... je dois entretenir les habitations d'autres gens...
- Écoutez, vous vous êtes toujours très bien occupée de notre ménage et
nous ne voulons personne d'autre... Je doublerais votre ancien salaire s'il
le faut. Je m'empresse d'ajouter.
- D'accord, je vais y réfléchir.
- Merci beaucoup Lin. Rappelez dès que vous aurez votre réponse.
- Oui. Au revoir.
- Au revoir.
Je pose le combiné sur la table et vais me remplir une tasse de café. Je sais que Mme
Cholen n'est pas très riche et qu'il y a peu de chance qu'elle refuse mon offre.
Après la façon dont Tom l'a traitée, elle méritait bien ça.
Je finis de boire et mange quelques tartines avant d'aller prendre ma douche.
Mon frère n'est toujours pas réveillé. Quel gros dormeur celui là!
Je monte les escaliers et me dirige vers la salle de bain quand j'entends des bruits qui
proviennent de la chambre. Peut-être qu'il ne dort plus et qu'il regarde la télé.
Je tends l'oreille mais ce que j'entends me parait bizarre alors je me décide à aller
voir ce qu'il se passe.
J'entrouvre la porte et ce que je vois me fige sur place. Tom est dos à moi, tourné
vers le mur. Il bouge légèrement et je peux distinguer sa main qui s'active sous le
drap. Il est clairement en train de se caresser. Mon sang se glace un peu plus alors
qu'il gémit.
Je ne peux pas en voir plus et je me détourne de la pièce pour aller dans la salle
d'eau. Mes pensées se bousculent dans ma tête. J'ai comme un sentiment de
jalousie. Ça me fait mal qu'il se soulage avec sa main.
Ce n'est pas étonnant. Je ne suis même pas capable de lui donner du plaisir. C'est un
homme après tout, il a des besoins. Des besoins que je ne peux pas combler.
Moi même je ne sais pas quand était la dernière fois où je me suis donné du plaisir
solitaire. Je sais juste que quand Tom a voulu aller plus loin avec moi je l'ai repoussé
brutalement.
Il comprend. Il est toujours compréhensif. Je suis tellement pitoyable!
Je glisse contre la paroi de la douche tandis que l'eau tiède coule sur moi et que des
mèches noires commencent à tomber sur mon visage. J'attrape ma tête dans mes
mais et tente de faire le point.
Je l'aime. Je l'aime comme un fou. J'ai envie de lui, de son corps, de ses mains.
Mais dès qu'il est proche de moi... je suis incapable de faire le premier pas, je suis
bloqué. C'est à peine si je le laisse me toucher.
Moi aussi je voudrais le combler, qu'il ne soit plus obligé d'utiliser sa main.
Mais comment faire? Comment faire des efforts pour améliorer la situation?
Je coupe l'eau et sors. Je m'enroule dans un peignoir et essors rapidement mes cheveux
avec une serviette. Je me dirige vers la chambre. Le lit est vide.
Il est dans le salon, assis devant la télé, un bol posé sur la table basse. Il lève les
yeux vers moi. Il semble heureux, il ne sait pas que je l'ai surpris. Je m'approche de
lui et m'assoie à côté. J'enroule mes bras autour de ses épaules et enfouis ma tête
dans son cou. Il passe ses mains dans mon dos et me caresse doucement par dessus
le tissus éponge.
- Bien dormi? Me demande-t-il.
Je le regarde puis réponds :
- Oui et toi?
- Très bien, fait-il dans un sourire.
Ça me fait du mal. Il est heureux mais ce n'est pas grâce à moi.
Je lui colle un léger baiser sur les lèvres. Ça ne peut plus continuer, ça doit changer.
Je dois changer.
[...]
Aujourd'hui on est allé en ville. Tom a été gentil, il m'a emmené au cinéma. Bon, il a
fallu qu'on se 'déguise' mais ce n'est pas grave, ça fait du bien de sortir un peu.
Même avec des vestes, des capuches et des lunettes quelques filles nous on reconnu
mais c'est moins l'hystérie qu'avant, depuis que le groupe n'est plus.
J'apprécie un peu cette tranquillité même si la scène me manque. Être en studio, sur
les route, chanter c'est toute ma vie. Je ne sais pas si je vais pouvoir supporter longtemps
de ne rien faire. Tom a du le remarquer et c'est pour ça qu'il m'a fait sortir
aujourd'hui.
Il fait nuit et je suis collé à son dos dans notre lit. Je ne crois pas qu'il dorme, on vient
à peine de se coucher et je caresse inlassablement ses dreads.
J'adore sentir sa peau nue contre moi et respirer son odeur. Il frissonne alors que je
souffle un vent froid sur sa nuque. Je suis détendu et lui aussi mais à ce moment une
pensée vient nouer mon estomac. J'inspire fortement alors que je repense à ce que
j'ai décidé.
Je pose ma main sur son torse et le force à se tourner vers moi. Il me fixe dans la
pénombre et je lèche ses lèvres, passant sur son piercing que je meurs d'envie de
croquer. Il ouvre la bouche et nos langues se cherchent, se dévorent. Le mienne
touche toutes les parties qu'elle peut : ses dents, ses joues, son palais. Il joue avec la
petite boule métallique qui orne mon muscle humide et gémit.
Je délaisse sa bouche et viens butiner sa gorge. Je descends vers ses clavicules.
Il a les yeux fermés. Il est si beau, offert à ce que je peux lui faire, réceptif au
moindre toucher, tellement en manque de contact.
Son bassin part en avant et je sens son membre dur toucher ma cuisse. Il se
rapproche et se colle à moi alors qu'il se frotte légèrement. Je suis sûr qu'il ne s'en
rend même pas compte.
Je me crispe un peu et respire une nouvelle fois alors que je suis de plus en plus
tendu. Je fais de réels efforts, j'essaie qu'il se sente bien avec moi.
Ses doigts frôlent mes côtes et viennent se poser sur mes hanches. Il happe de l'air et
cherche ma bouche dans le noir. Je réponds à sa demande dans un nouveau baiser.
Il agrippe ma nuque le rendant encore plus passionné.
Il presse plus fort son sexe contre moi, se rapprochant inexorablement de mon entre
jambe. J'ai peur que nos membres se frottent mais je le désire aussi. C'est ça avec lui :
un mélange de désir et d'appréhension, de peur de souffrir à nouveau.
Il se retrouve sur moi et j'écarte les jambes. Il retire son boxer et se positionne entre. Nos bassins sont entièrement en contact et je sens ma virilité se réveiller maintenant que la chaleur monte d'un cran.
Il retire mon dernier vêtement et reprend tout de suite mes lèvres en bouche. Il vient
enlacer d'une main nos queues ensemble et je tremble totalement de sentir son
membre aussi franchement. Les fines peaux glissent ensemble et son gland vient
parfois toucher le mien m'électrisant entièrement. Je ne peux pas bouger, je le laisse
faire ce qu'il veut de mon corps à condition qu'il continue à ce que ce soit aussi bon.
Un peu de liquide séminale mouille ses doigts et mon sexe.
Il se mord la lèvre inférieure presque jusqu'au sang et étouffe un cri.
Ça ressemble à la première fois qu'on a fait ça, la seule d'ailleurs. Mais à présent c'est
plus passionnel, je l'aime et je veux aller plus loin.
- Quoi ? Fait-il ne comprenant pas bien ce que je viens de dire.
- Je veux aller plus loin, je répète.
Il lâche nos sexes un peu surpris mais continue quand même les frottements.
- Tu veux faire quoi ? Demande-t-il perplexe.
- Je sais... pas. Un coup de bassin plus puissant m'arrache un cri aigu mais
je continue
Je veux te donner plus de plaisir, plus que là... Fais ce que tu veux je te fais
confiance.
- Tu es sûr?
Je pousse mes hanches vers le haut et nos virilités se cognent. Mon gland humide
glisse le long de sa verge et on gémit tous les deux. Il prend ça comme un oui.
- D'accord hum... Il tente de réfléchir tant bien que mal, subjugué par ce que je lui
procure et l'idée même que ça pourrait être meilleur.
Il attrape mes hanches et les immobilise.
- Stop, ou je vais venir et on ne pourra rien faire d'autre.
Je suis plus excité que jamais et prêt à tout pour le satisfaire alors je l'écoute
docilement.
Il s'écarte de moi et se lève pour chercher un truc dans le tiroir à chaussettes.
Il se tourne vers moi avec un tube de gel lubrifiant, tout fier de lui.
- J'hallucine! Tu m'as caché ça, je m'exclame faussement outré.
Il rougit et reviens près de moi.
- J'avais peur que si tu tombes dessus tu penses que je veuille te forcer.
Il retire le bouchon et dépose un peu de gel dans sa paume. Il le fait chauffer en
frottant ses doigts et je me sens plus tendu que jamais. Il vient en étaler sur mon
sexe et c'est un peu froid.
- Tu veux que je te...
- Pénètre, finit-il. Je ne crois pas que tu soir prêt pour que ce soit le
contraire... Tu ne veux pas?
Je hoche la tête.
- Si si. Je n'avais pas vraiment prévu ça. Je l'aurais laissé découvrir mon intimité,
mais ça me plait aussi de pouvoir faire le contraire.
Je prend le tube et verse du gel sur mes doigts. Il est a califourchon sur moi. Son
pénis a un peu redescendu. Je glisse ma main derrière ses fesses et caresse l'anneau
de chaire. Je force un peu l'entrée mais mon index entre sans difficulté, tapissant sa
paroi de lubrifiant. Il entre et sort facilement de son corps. Il a ses paupières closes,
concentré dans sa quête du plaisir.
Je fais pénétrer un deuxième doigt et les plie en lui. Sa mâchoire se serre et j'entends
un son rauque en provenance de sa gorge.
- Ça va? Je lui demande.
- Oui continue, c'est pas loin.
Il me semble qu'il parle de sa prostate que je m'applique à trouver. Je plie à nouveau,
la totalité de mes phalanges à présent enfoncée en lui.
- Han, oui, un peu plus haut.
- Je ne peux pas, mes doigts ne vont pas plus loin.
Il sourit et se penche vers moi, me volant un baiser. Il susurre à mon oreille :
- Je connais quelque chose qui peut aller plus loin.
Il entoure de mon pénis et y prodigue quelques vas et viens qui me font reprendre de
la vigueur.
- Tomi... je gémis
Je le saisis par les hanches et les ramène vers mon bassin. J'écarte ses fesses tandis
qu'il se baisse. Il tient mon sexe et le fait doucement pénétrer en lui.
J'enfonce mes ongles dans sa peau tendre. J'entre en lui jusqu'à la garde, jusqu'à ce
qu'il soit totalement assis sur moi. Mon c½ur palpite, c'est encore meilleur que tout
ce que j'aurais pu imaginer. C'est chaud, humide et étroit, tellement étroit. C'est Tom.
Il se redresse, me retirant de lui. Ma peau glisse dans son entre et je me cambre de
bien être. Il s'empale à nouveau, dans une incroyable lenteur. Une lenteur plus que
frustrante. Je me tortille sous lui alors que je cherche à le pénétrer entièrement.
- Plus... han... vite.
Il se soulève et se baisse plusieurs fois de suite et adopte un cadence plus régulière et
satisfaisante. J'accompagne son mouvement en soulevant mes hanches en rythme.
Il commence vraiment à prendre son pied. Il gémit à chaque à-coup et est parcouru
de frissons. La sueur coule sur son torse et je le touche. Je passe sur son téton que
je pince, redessine ses abdominaux. Un de mes doigts mime l'acte sexuel avec son
nombril alors que je suis en train de le pratiquer sur lui.
Je viens enfin enlacer sa virilité qui durcie entre mes doigts. Je fais des allers-retours
calqués sur mes pénétrations. Il se crispe et ses muscles se contractent autour de
moi m'arrachant un cri.
Mes caresses se font plus rapides alors qu'il s'empale de plus en plus vite. Cette vision
de lui sur moi, mon sexe entrant et sortant brutalement de ses fesses est presque
insupportable. Je ne vais pas pouvoir tenir longtemps et je vois que lui non plus.
Il se cambre et crie mon nom. Je devine que mon membre touche à chaque coup de butoir
sa prostate. Il se resserre autour de moi, son fourreau est de plus en plus étroit.
Je le tire vers moi et nos bouches se cherchent et se trouvent comme elles peuvent.
Nos baisers sont désordonnés, incontrôlés. Tout n'est plus que passion dévastatrice.
Il se redresse et se cambre un maximum. Il a encore les yeux fermés, et la bouche
légèrement entrouverte pour l'aider à respirer. Je viens malaxer ses testicules alors
que je continue à caresser sa virilité et que je le pilonne de plus en plus fort.
Il ne tient plus et jouit entre mes doigts, dans un cri ultime. Sa semence gicle jusqu'à
mon ventre et elle me paraît tiède comparée à ma température corporelle.
Il se contracte encore quelques secondes et je le rejoins au septième ciel. Mon sperme
sort au plus profond de son être alors que je griffe son torse, laissant de longues
trainées rouges. Je le marque. Il m'appartient désormais.
Il s'écroule contre moi, essoufflé. On tente de recommencer à respirer le plus
normalement possible mais on se serre tellement fort dans les bras l'un de l'autre que
je me sens compressé. Cependant j'ai l'impression que c'est lui mon oxygène.
Il m'est vital.
Je me retire de lui et il s'allonge à côté de moi, ma semence coulant de son anus vers
l'intérieur de ses cuisses. Je l'essuie avec un coin du drap et me blotti contre lui.
Il enlève les mèches qui sont collées sur mon front par la sueur et m'embrasse
tendrement le visage avant que nos lèvres ne viennent se recoller immédiatement,
comme des aimants.
Je ne sais pas combien de temps ça dure avant que je ne m'endorme mais je me sens
juste bien. Il y a un moment où j'ai cessé de sentir sa main dans mes cheveux
et ensuite c'est le trou noir jusqu'au lendemain matin.
[...]

