larmes perle automatiquement à cause de la douleur. Je crois savoir de quoi il
parle... je regrette tellement que tout se passe aussi mal.
- Je... je suis désolé, tout ça c'est de ma faute. Oui c'est moi qui aie fait
foiré notre carrière et notre vie. Je sais que ça n'a pas non plus été
facile pour vous d'assumer les retombées de mon erreur, les médias et
tout ça... Je voudrais tant pouvoir retourner en arrière et que ça ne se
produise pas... Je n'aurais pas du suivre ce type ce soir là, ni frapper ce
journaliste ! Putain Tom je regrette ! Alors oui je sais que je t'ai fait du
mal, t'as le droit de m'en vouloir pour ça mais s'il te plait Tom, trouve la
force de me pardonner... je suis toujours ton frère.
- C'est pas ça Bill ! Tu comprends vraiment rien !
Il se lève subitement d'un air agacé, me laissant seul sur mon lit. J'étouffe un
sanglot, dans la pénombre, il ne voit pas que je pleure.
Il s'en va en claquant la porte.
Alors là je dois dire que je ne comprends plus. Il dit que je lui ai fait du mal mais
que ce n'est pas pour avoir foutu notre carrière en l'air. Mais c'est pour quelle
raison alors ? Il ne me dit pas tout... Tom, pourquoi est-ce que tu me caches des
choses comme ça ? Qu'est ce que j'ai fait de si blessant sans m'en rendre
compte?
[...]
Il doit être plus de minuit et ça fait un moment qu'il est couché. J'ai attendu qu'il
s'endorme. Je dois avouer que j'ai lutté pour arriver devant sa porte et
maintenant que j'y suis, je ne sais plus trop si j'ai envie d'entrer... je prends une
grande inspiration, allez un, deux... deux et demi... deux soixante quinze...
Bon allez c'est pas la mort... Trois ! J'ouvre doucement et le calme de sa
chambre me trouble en comparaison avec mes pensées bouillonnantes.
Je balaye des yeux la pièce. Elle est si vide... tout est dans les cartons.
Je le cherche, il est endormi sous sa couette. Je m'approche le plus doucement
possible. Ce n'est pas la première fois que je vais le visiter au milieu de la nuit.
En fait je dois avouer que ces dernières semaines, je viens souvent le voir
dormir, caressant sa joue du bout des doigts ; Et à chaque fois qu'il gigote, je me
décide à partir, de peur de le réveiller. Je me glisse sous les couvertures le plus
délicatement possible, mais avec une jambe et un bras cassé ce n'est pas une
mince affaire. Il grogne un peu mais dort toujours. Je me blotti contre lui.
Après tout, il a dit qu'il était d'accord pour que je vienne dormir avec lui.
Bon j'avoue que c'est un peu abusé en voyant la façon dont il m'a quitté
tout à l'heure...
- Mmmh, Bill ? Qu'est ce que tu fou là ? Articule-t-il péniblement en ouvrant
les yeux.
- Bah euh... t'as dit que t'étais d'accord pour que je dorme dans ton lit...
tu sais, après avoir mis de la tomate sur mes draps.
Il souffle. Il ne s'en souvenait plus et apparemment ça ne l'enchante pas.
Il se retourne pour être dos à moi, me montrant son mécontentement.
Néanmoins, je passe un bras autour de sa taille et vient poser ma main sur son
ventre, me collant un peu plus à lui. Je viens doucement souffler dans sa nuque
dénudée et dépose quelques petits baisers.
- Bill arrête ça !
Il attrape mon poignet et le repousse.
- Pourq... Je ne fini même pas ma question car ma réponse arrive bien vite.
Mes doigts frôlent une partie de son anatomie qu'ils n'auraient pas du toucher...
Et si je sens son membre c'est parce qu'il est dressé. Je retire vite ma main de
cet endroit.
- Dégage, laisse moi.
- Non Tom, t'as dit oui pour que je dorme ici alors je reste ! Dis-je sans
prêter attention à ma découverte.
- Dans ce cas là, c'est moi qui part.
- Putain Tom ! C'est pas la première fois qu'on dort ensemble ! C'est quoi
le problème ?
- Le problème ? J'en sais rien... j'ai pas envie d'être dans le même lit que toi.
Dit-il en se recroquevillant un peu plus sur lui même
- Tu mens Tom ! Tu ne fais que mentir depuis que je suis rentré ! Si t'as
pas envie qu'on partage le même lit, elle en a bien envie.
Je déclare en posant ma main sur son sexe.
Il me donne un coup de coude et roule sur le côté pour se retrouver face à moi.
- Me touche pas ! Il me bouscule, me faisant presque tomber.
Je sens qu'il va bientôt craquer. Je veux savoir ce qu'il me cache... Pour le
pousser dans ses retranchements, je le provoque un peu plus. J'approche mon
visage du sien et lui vole un smak. Ce n'est pas la première fois qu'on
s'embrasse. Avant, on se faisait un petit bécot le matin pour se dire bonjour,
même si tout le monde trouvait ça bizarre. Ce n'était pas si étrange pour des
jumeaux, nous avions toujours été très proches. Cependant, ça faisait longtemps
que ça ne nous était pas arrivé.
- Pourquoi tu fais tout ça Bill ? Pourquoi tu reviens sans cesse vers moi
alors que je te repousse ? Me dit-il d'une voix plus calme.
- Parce que... parce que je t'aime Tom, et que j'veux pas te perdre.
Et parce que je sais que tu n'es pas sincère, et que j'ai envie de savoir
ce que tu ressens vraiment, même si je crois avoir compris...
Oui, vous avez bien lu ! J'ai compris ce qu'il me cache. Enfin, je pense...
- Et qu'est ce que je ressens ? Me demande-t-il sur un air de défi.
- Tu pensais vraiment me cacher ça encore longtemps ? Ton recul, le
déménagement, ta froideur avec moi... c'était trop inhabituel pour être
crédible... Ce que tu m'as dit tout à l'heure m'a fait beaucoup réfléchir,
et ce qui est entre tes jambes me prouve que je ne me trompe pas...
Je passe un genou et viens caresser sa bosse, lui arrachant un gémissement.
- Je... voulais pas t'imposer tout ça. Il s'écarte de moi
- Tu t'en aies rendu compte quand ?
- Quand j'ai vu la photo où tu embrasses ce mec sur toutes les unes, j'ai
été vraiment jaloux, même si je sais que c'était un piège. J'ai toujours
été le seul garçon que tu as embrassé. Il avait pas le droit de me voler ça...
- Oh Tom ! T'es mon jumeau, tu seras toujours plus important que
n'importe qui d'autre ! Pourquoi t'as pensé que je le prendrais mal ?
- Comment j'aurais pu penser que tu le prendrais bien ? Comment
j'aurais pu te dire que j'en pinçais sérieux pour toi ? C'est pas normal
Bill, tu le sais autant que moi... Il baisse la tête, fuyant mon regard.
Un rire bref s'échappe de mes lèvres.
- Mais où est la normalité ? On n'a jamais été vraiment normaux dans le
fond... Notre proximité a toujours dérangé... et alors ? On s'en moque
que ce soit normal ou pas, on fait ce qu'on veut !
- Oui mais là je bande pour mon frère ! Ce n'est pas n'importe quelle
proximité.
Je pose mes doigts sur son menton et relève sa tête.
- Jm'en fiche Tom. Pour moi, ça ne change rien...
- Tu ne ressens pas la même chose... je le sais. J'aurais préféré garder ça
secret... j'veux pas t'imposer mes sentiments...
- Tom je... je suis désolé. Je n'ai jamais envisagé notre relation sous cet
angle...
- Je sais bien... Une larme coule sur sa joue. Je la vois scintiller à la lumière de
la lune que les rideaux laissent passer. Tu comprends maintenant
pourquoi... j'ai si mal...
- J'suis tellement con... si j'avais deviné plus tôt... j'aurais pas autant
insisté pour rester avec toi ! J'pensais vraiment que tu m'en voulais au
point de plus supporter ma présence... C'était le contraire ! J'aimerais
tellement que tu sois heureux... mais j'peux pas te donner ça Tom...
- Je sais ! Un sanglot franchit la barrière de ses lèvres, puis un autre. Je le
prends dans mes bras. Moi aussi j'voudrais vraiment que tu m'aimes de la
même manière que moi je t'aime. Peine-t-il à prononcer parmi ses pleurs.
Maintenant que je sais tout ça, qu'est ce que je peux faire ? Pourquoi j'ai voulu
savoir d'ailleurs ? J'ai du mal à m'imaginer qu'il m'aime vraiment plus que
comme son jumeau. Peut-être qu'il se trompe... peut-être que mon séjour en
prison l'a chamboulé. Mais son pénis dressé juste par mes caresses... non il dit la
vérité. J'veux pas lui faire du mal, et je sais que le fait que je sois là, avec lui,
ça lui en fait, du mal. Alors pourquoi je reste ? J'en sais rien... j'crois pas être
amoureux de lui... Je l'aime parce que c'est mon frère, rien de plus...
- Si... si c'est trop dur pour toi... j'comprendrais que tu veuilles que je
retourne dans ma chambre, dis-je en essayant de me dégager de son
étreinte.
- Non reste ! Dit-il un peu désespéré, resserrant ses bras autour de moi.
Je ne dis rien mais au fond il sait que j'accepte de passer la nuit avec lui.
Et même si il attend plus de moi qu'un simple câlin entre frères, il sait qu'il
n'aura rien de plus. C'est ça qui est génial avec lui : il sait tout sans que j'ai
besoin de parler. Il sait que je suis mal à l'aise d'être dans cette situation
particulière. Je sais qu'il est mal à l'aise de m'imposer ça. Mais on se comprend
si bien...
[...]
Les rayons de soleils matinaux viennent caresser doucement mon visage, me
forçant à ouvrir les yeux. Il est là, toujours blotti contre moi. On dit que la nuit
porte conseil, pourtant je suis toujours aussi perdu qu'hier soir... Je me décide à
me lever pour aller prendre une douche mais Tom grogne.
- Non... pars pas. Murmure-t-il. J'suis bien dans tes bras...
Il est trop mignon comme ça... Mais je ne pense pas que ce soit très sain... Il est
amoureux de moi et moi je ne le suis pas de lui. Il ne faut pas que je lui donne
de faux espoirs.
- Je... j'ai faim. J'suis pitoyable avec cette excuse ! Néanmoins, il me laisse me
dégager. Et j'veux prendre ma douche, j'ajoute.
Je sors du lit et suis vite enveloppé par la froideur ambiante. C'est vrai que
j'étais quand même bien sous la couette avec Tom...
[...]


