Chapitre 17

Chapitre 17
Je pose une main sur ma joue qui doit être rougie par le coup et une série de
larmes perle automatiquement à cause de la douleur. Je crois savoir de quoi il
parle... je regrette tellement que tout se passe aussi mal.

- Je... je suis désolé, tout ça c'est de ma faute. Oui c'est moi qui aie fait
foiré notre carrière et notre vie. Je sais que ça n'a pas non plus été
facile pour vous d'assumer les retombées de mon erreur, les médias et
tout ça... Je voudrais tant pouvoir retourner en arrière et que ça ne se
produise pas... Je n'aurais pas du suivre ce type ce soir là, ni frapper ce
journaliste ! Putain Tom je regrette ! Alors oui je sais que je t'ai fait du
mal, t'as le droit de m'en vouloir pour ça mais s'il te plait Tom, trouve la
force de me pardonner... je suis toujours ton frère.

- C'est pas ça Bill ! Tu comprends vraiment rien !


Il se lève subitement d'un air agacé, me laissant seul sur mon lit. J'étouffe un
sanglot, dans la pénombre, il ne voit pas que je pleure.
Il s'en va en claquant la porte.
Alors là je dois dire que je ne comprends plus. Il dit que je lui ai fait du mal mais
que ce n'est pas pour avoir foutu notre carrière en l'air. Mais c'est pour quelle
raison alors ? Il ne me dit pas tout... Tom, pourquoi est-ce que tu me caches des
choses comme ça ? Qu'est ce que j'ai fait de si blessant sans m'en rendre
compte?

[...]

Il doit être plus de minuit et ça fait un moment qu'il est couché. J'ai attendu qu'il
s'endorme. Je dois avouer que j'ai lutté pour arriver devant sa porte et
maintenant que j'y suis, je ne sais plus trop si j'ai envie d'entrer... je prends une
grande inspiration, allez un, deux... deux et demi... deux soixante quinze...
Bon allez c'est pas la mort... Trois ! J'ouvre doucement et le calme de sa
chambre me trouble en comparaison avec mes pensées bouillonnantes.

Je balaye des yeux la pièce. Elle est si vide... tout est dans les cartons.
Je le cherche, il est endormi sous sa couette. Je m'approche le plus doucement
possible. Ce n'est pas la première fois que je vais le visiter au milieu de la nuit.
En fait je dois avouer que ces dernières semaines, je viens souvent le voir
dormir, caressant sa joue du bout des doigts ; Et à chaque fois qu'il gigote, je me
décide à partir, de peur de le réveiller. Je me glisse sous les couvertures le plus
délicatement possible, mais avec une jambe et un bras cassé ce n'est pas une
mince affaire. Il grogne un peu mais dort toujours. Je me blotti contre lui.
Après tout, il a dit qu'il était d'accord pour que je vienne dormir avec lui.
Bon j'avoue que c'est un peu abusé en voyant la façon dont il m'a quitté
tout à l'heure...

- Mmmh, Bill ? Qu'est ce que tu fou là ? Articule-t-il péniblement en ouvrant
les yeux.

- Bah euh... t'as dit que t'étais d'accord pour que je dorme dans ton lit...
tu sais, après avoir mis de la tomate sur mes draps.

Il souffle. Il ne s'en souvenait plus et apparemment ça ne l'enchante pas.
Il se retourne pour être dos à moi, me montrant son mécontentement.
Néanmoins, je passe un bras autour de sa taille et vient poser ma main sur son
ventre, me collant un peu plus à lui. Je viens doucement souffler dans sa nuque
dénudée et dépose quelques petits baisers.

- Bill arrête ça !

Il attrape mon poignet et le repousse.

- Pourq... Je ne fini même pas ma question car ma réponse arrive bien vite.
Mes doigts frôlent une partie de son anatomie qu'ils n'auraient pas du toucher...
Et si je sens son membre c'est parce qu'il est dressé. Je retire vite ma main de
cet endroit.

- Dégage, laisse moi.

- Non Tom, t'as dit oui pour que je dorme ici alors je reste !
Dis-je sans
prêter attention à ma découverte.

- Dans ce cas là, c'est moi qui part.

- Putain Tom ! C'est pas la première fois qu'on dort ensemble ! C'est quoi
le problème ?

- Le problème ? J'en sais rien... j'ai pas envie d'être dans le même lit que toi.

Dit-il en se recroquevillant un peu plus sur lui même

- Tu mens Tom ! Tu ne fais que mentir depuis que je suis rentré ! Si t'as
pas envie qu'on partage le même lit, elle en a bien envie.

Je déclare en posant ma main sur son sexe.

Il me donne un coup de coude et roule sur le côté pour se retrouver face à moi.

- Me touche pas ! Il me bouscule, me faisant presque tomber.

Je sens qu'il va bientôt craquer. Je veux savoir ce qu'il me cache... Pour le
pousser dans ses retranchements, je le provoque un peu plus. J'approche mon
visage du sien et lui vole un smak. Ce n'est pas la première fois qu'on
s'embrasse. Avant, on se faisait un petit bécot le matin pour se dire bonjour,
même si tout le monde trouvait ça bizarre. Ce n'était pas si étrange pour des
jumeaux, nous avions toujours été très proches. Cependant, ça faisait longtemps
que ça ne nous était pas arrivé.

- Pourquoi tu fais tout ça Bill ? Pourquoi tu reviens sans cesse vers moi
alors que je te repousse ?
Me dit-il d'une voix plus calme.

- Parce que... parce que je t'aime Tom, et que j'veux pas te perdre.
Et parce que je sais que tu n'es pas sincère, et que j'ai envie de savoir
ce que tu ressens vraiment, même si je crois avoir compris...


Oui, vous avez bien lu ! J'ai compris ce qu'il me cache. Enfin, je pense...

- Et qu'est ce que je ressens ? Me demande-t-il sur un air de défi.

- Tu pensais vraiment me cacher ça encore longtemps ? Ton recul, le
déménagement, ta froideur avec moi... c'était trop inhabituel pour être
crédible... Ce que tu m'as dit tout à l'heure m'a fait beaucoup réfléchir,
et ce qui est entre tes jambes me prouve que je ne me trompe pas...

Je passe un genou et viens caresser sa bosse, lui arrachant un gémissement.

- Je... voulais pas t'imposer tout ça. Il s'écarte de moi

- Tu t'en aies rendu compte quand ?

- Quand j'ai vu la photo où tu embrasses ce mec sur toutes les unes, j'ai
été vraiment jaloux, même si je sais que c'était un piège. J'ai toujours
été le seul garçon que tu as embrassé. Il avait pas le droit de me voler ça...

- Oh Tom ! T'es mon jumeau, tu seras toujours plus important que
n'importe qui d'autre ! Pourquoi t'as pensé que je le prendrais mal ?

- Comment j'aurais pu penser que tu le prendrais bien ? Comment
j'aurais pu te dire que j'en pinçais sérieux pour toi ? C'est pas normal
Bill, tu le sais autant que moi...
Il baisse la tête, fuyant mon regard.

Un rire bref s'échappe de mes lèvres.

- Mais où est la normalité ? On n'a jamais été vraiment normaux dans le
fond... Notre proximité a toujours dérangé... et alors ? On s'en moque
que ce soit normal ou pas, on fait ce qu'on veut !

- Oui mais là je bande pour mon frère ! Ce n'est pas n'importe quelle
proximité.


Je pose mes doigts sur son menton et relève sa tête.
- Jm'en fiche Tom. Pour moi, ça ne change rien...

- Tu ne ressens pas la même chose... je le sais. J'aurais préféré garder ça
secret... j'veux pas t'imposer mes sentiments...

- Tom je... je suis désolé. Je n'ai jamais envisagé notre relation sous cet
angle...

- Je sais bien...
Une larme coule sur sa joue. Je la vois scintiller à la lumière de
la lune que les rideaux laissent passer. Tu comprends maintenant
pourquoi... j'ai si mal...


- J'suis tellement con... si j'avais deviné plus tôt... j'aurais pas autant
insisté pour rester avec toi ! J'pensais vraiment que tu m'en voulais au
point de plus supporter ma présence... C'était le contraire ! J'aimerais
tellement que tu sois heureux... mais j'peux pas te donner ça Tom...

- Je sais !
Un sanglot franchit la barrière de ses lèvres, puis un autre. Je le
prends dans mes bras. Moi aussi j'voudrais vraiment que tu m'aimes de la
même manière que moi je t'aime.
Peine-t-il à prononcer parmi ses pleurs.

Maintenant que je sais tout ça, qu'est ce que je peux faire ? Pourquoi j'ai voulu
savoir d'ailleurs ? J'ai du mal à m'imaginer qu'il m'aime vraiment plus que
comme son jumeau. Peut-être qu'il se trompe... peut-être que mon séjour en
prison l'a chamboulé. Mais son pénis dressé juste par mes caresses... non il dit la
vérité. J'veux pas lui faire du mal, et je sais que le fait que je sois là, avec lui,
ça lui en fait, du mal. Alors pourquoi je reste ? J'en sais rien... j'crois pas être
amoureux de lui... Je l'aime parce que c'est mon frère, rien de plus...

- Si... si c'est trop dur pour toi... j'comprendrais que tu veuilles que je
retourne dans ma chambre
, dis-je en essayant de me dégager de son
étreinte.

- Non reste ! Dit-il un peu désespéré, resserrant ses bras autour de moi.

Je ne dis rien mais au fond il sait que j'accepte de passer la nuit avec lui.
Et même si il attend plus de moi qu'un simple câlin entre frères, il sait qu'il
n'aura rien de plus. C'est ça qui est génial avec lui : il sait tout sans que j'ai
besoin de parler. Il sait que je suis mal à l'aise d'être dans cette situation
particulière. Je sais qu'il est mal à l'aise de m'imposer ça. Mais on se comprend
si bien...

[...]


Les rayons de soleils matinaux viennent caresser doucement mon visage, me
forçant à ouvrir les yeux. Il est là, toujours blotti contre moi. On dit que la nuit
porte conseil, pourtant je suis toujours aussi perdu qu'hier soir... Je me décide à
me lever pour aller prendre une douche mais Tom grogne.

- Non... pars pas. Murmure-t-il. J'suis bien dans tes bras...

Il est trop mignon comme ça... Mais je ne pense pas que ce soit très sain... Il est
amoureux de moi et moi je ne le suis pas de lui. Il ne faut pas que je lui donne
de faux espoirs.

- Je... j'ai faim. J'suis pitoyable avec cette excuse ! Néanmoins, il me laisse me
dégager. Et j'veux prendre ma douche, j'ajoute.

Je sors du lit et suis vite enveloppé par la froideur ambiante. C'est vrai que
j'étais quand même bien sous la couette avec Tom...

[...]

# Posté le vendredi 28 décembre 2007 19:32

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:41

Chapitre 18

Chapitre 18
C'est vrai que j'étais quand même bien sous la couette avec Tom...

Mais je ne peux pas rester avec lui... Je titube tant bien que mal jusqu'à ma
chambre, avec une jambe en moins c'est pas pratique. Une fois arrivé là je
m'affale dans mon fauteuil roulant, c'est beaucoup plus simple de se déplacer
ainsi. Bon les trucs en bordel dans le couloir c'est un peu embêtant...

J'arrive dans la salle de bain et me fait couler un bain. Ca m'aidera sûrement à
décompresser.

[...]

Je me glisse dans l'eau tiède, la pièce est envahie d'une légère brume. Bon alors
récapitulation ? Euh... bah... Tom me fait plus la gueule c'est positif mais bon ce
n'est pas pour les raisons que je voudrais. En fait j'arrive pas à réaliser. J'ai pas
eu le temps de voir le changement. Ca a toujours été mon grand frère, rien de
plus. Pourquoi le fait de me voir avec un mec l'a tellement affecté ? Peut-être
qu'en fait il m'a toujours vu comme un amant potentiel, seulement c'était
caché... C'est peut-être un peu tordu comme hypothèse... mais la situation EST
tordue ! Comment je suis censé réagir moi ? Bon j'avoue, j'étais pas censé réagir
puisque je n'étais pas censé savoir. Au fond Tom voulait me protéger de lui, de
toutes ces questions. Mais maintenant je SAIS et ça me bouffe. J'avais envie
qu'il me reparle, qu'on soit proche comme avant, qu'on se prenne dans les bras,
qu'on se fasse des bisous, qu'on dorme ensemble parfois. Mais maintenant ?
Je vais devoir faire attention à tous mes gestes, j'veux pas qu'il pense que je
l'allume ou un truc du genre. Mais j'ai pas non plus envie de rompre tout
contact. J'fais comment ? Et son déménagement ? Est-ce que je dois le laisser
partir ? Si il s'éloigne trop par peur de son amour pour moi, est-ce qu'au final
notre lien ne risque pas de se briser ?
C'est que je deviendrais presque philosophe >.< J'en ai les neurones qui
surchauffent ! Rette miiich !

Je plonge ma tête sous l'eau en espérant que toutes ses pensées se noient et ne
reviennent plus ma tracasser. Espoir perdu puisque Tom tape à la porte.

- Bill, grouille toi j'ai envie de prendre une douche moi aussi !
Dit-il a demi énervé.

- Ok mais là je prenais un bain donc je serais pas prêt tout de suite.
En entendant qu'il souffle je m'empresse d'ajouter. Mais je vais me dépêcher.

Je sors finalement de l'eau et m'enveloppe dans mon peignoir. Bon bah je vais
quitter la pièce plus vite que prévu puisque je n'ai pas pris mes vêtements.
Je me traîne tant bien que mal jusqu'à mon fauteuil roulant parce que se déplacer
sans n'est pas très pratique. J'ouvre la porte et pénètre dans le couloir puis dans
ma chambre.

- Tom qu'est ce que tu fais là ?

Il se tourne surpris et rougit.

- Je... change tes draps.

Moi aussi je suis surpris mais en même temps ça me fait bizarre. En fait, il met
un espace entre nous.

- Ah... je voulais juste prendre des fringues.

-... Bill ?

- Oui ?

- Oublie ce que j'ai dit hier s'il te plait...
Il s'affaire autour de mon lit.
Je ne savais pas qu'il savait faire ça... Bon je l'ai un peu sous-estimé !

- Pourquoi ?

- Oublie, j'aurais pas du te dire ça, on n'a pas besoin de ça en ce
moment.

- D'accord.
Dis-je finalement toujours aussi étonné.

- Mais, j'suis toujours ton grand frère...
Il quitte la chambre sans même me
regarder. Je crois qu'il a peur de ma réaction. J'vois pas pourquoi, même moi je
ne sais pas comment je devrais réagir !

[...]

J'ai passé la journée allongé dans mon lit parce que me déplacer en fauteuil ça
ne me motive pas du tout à descendre de là et aussi parce que j'avais besoin de
réfléchir. J'ai beau retourner la situation dans ma tête j'ai toujours l'impression
d'être piégé ; je ne vois que l'éloignement comme solution et ça me parait
pourtant inconcevable maintenant qu'on est 'réconcilié'. Pourquoi c'est pas
comme avant ? En quelques mois ma vie a tellement changé...

Toc Toc

- Entrez

- Bill, t'as faim ?
Dit-il en passant la tête dans l'entrebâillement de la porte.

J'avais complètement oublié de manger ! J'suis grave ! C'est un comble que moi
j'oublie un truc aussi important !

- ... Ouais.... Tu vas encore commander une pizza ?

- Non j'vais faire ton plat préféré.

- Sérieux ? T'y arriveras ?
Il me jette un regard noir. Non mais j'demandais
juste... merci Tom.

- De rien, c'est normal que j'aide mon handicapé de frère. Pi' j'ai pas
envie de te retrouver mort de faim d'ici une semaine, alerté par une
odeur de décomposition.


J'suis censé rire là ? Ôo Il repart et je m'étire longuement. Bon au final il se
comporte assez normalement...

Je sens la bonne odeur des boulettes de viandes. Il s'en sort pas si mal en fait.
Il sait comment faire marcher les plaques chauffantes, c'est un miracle ! =']

Il pousse la porte avec son pied, tenant un plateau dans les mains.

- Voilà Princesse, votre repas est prêt.

- Merci.

- Boulette de viande et pommes de terre a la sauce au câpre.

- Parfait.


Il dépose ça sur mon lit et fait demi-tour.

- Tu ne restes pas ? Je lui demande.

- Après la façon dont notre repas s'est déroulé hier... je ne préfère pas.

Je baisse la tête un peu déçu mais compréhensif à la fois et il sort. Je mange
mon plat qui est délicieux mais j'ai un goût amer dans la bouche. Le goût du
regret. J'ai envie de le prendre dans mes bras, de l'embrasser sur les joues,
de dormir avec lui, de l'entendre me murmurer des mots rassurants.
Est-ce que tout ça est vraiment fini ? Est-ce que ce n'est pas moi qui aie tout
gâché au final ? Ce serait tellement plus simple si on ressentait la même chose
l'un pour l'autre...

[...]

Ne trouvant pas le sommeil, je décide de me lever. Oui j'ai envie de dormir avec
lui, et il a dit qu'il était toujours mon grand frère, non ? Donc j'peux bien aller
dormir avec mon grand frère... J'essaie de ne pas faire trop de bruit avec cette
saleté de fauteuil. Finalement je me lève et vais jusqu'à sa porte à cloche pied.
Non ne vous moquez pas, j'aimerais bien vous y voir tiens ! J'écoute, aucun
bruit. J'ouvre la porte, il dort, caché par un tas de couvertures en position foetale.

Je me glisse à ses côtés. Sa chaleur et son odeur m'enveloppent comme un
cocon réconfortant. Appuyé sur un coude, je le regarde, il y a juste sa tête qui
dépasse de la couette. Les rayons de la lune que les rideaux laissent filtrer
s'étalent comme une toile sur son visage. Ses traits sont détendus, parfaits.
Sa peau est lisse et claire. J'ai envie de le toucher pour voir si il est réel.
Je pose le bout de mes doigts sur son front et les laisse courir sur sa tempe,
sa joue, comme je l'ai fait il y a quelques nuits. Il ne bronche pas, paisiblement
endormi. Sa bouche entrouverte laisse passer son souffle chaud et régulier.
Mon indexe vient se poser sur ses lèvres. Elles sont superbement dessinées, son
piercing marquant le début de sa commissure. Je touche le petit morceau de
métal. Inconsciemment sa langue sort pour humidifier sa lèvre inférieure comme
il le fait tout le temps. Elle caresse lentement mon doigt sans qu'il ne s'en
aperçoive. Sa salive est tiède sur mon ongle et je la regarde briller à la pâle
lumière. Je pose ma tête sur l'oreiller et vient me coller à lui. Je remarque qu'il
est nu, moi je suis en boxer. Sa peau touche la mienne et un frisson m'envahis.
Je pose ma main sur sa hanche et remonte sur son ventre. Je redessine le
contour de son nombril puis passe sur son torse avant de revenir frôler sa
bouche. Il revient à nouveau lécher mon doigt et le suçote légèrement.
Peut-être qu'il croit qu'il embrasse une fille dans son rêve... D'ailleurs il gémit un
peu. C'est mignon. J'écarte ma main et la pose sur ses fines côtes. Il remue de
mécontentement mais se calme vite. Il se rapproche encore plus de moi et pose
une main sur mon épaule. Je finis par le rejoindre bien vite au pays des songes.

[...]

Quelle heure est-il ? J'en sais rien, au moins midi d'après la puissance que le
soleil m'envoie dans le visage. Je baisse les yeux et je le vois, toujours endormi.
Sa tête est posée sur mon torse et il m'enlace de ses bras ? Je bouge un peu
pour essayer de sortir de là sans le brusquer.

-Mmmh, grogne-t-il en resserrant son étreinte. Il lève la tête, les yeux mi-clos.
T'as réussi a t'échapper hier, j'te laisserai pas filer aujourd'hui.

- Tom je sais pas si c'est très... correct.

- Monsieur vient dans mon lit pendant la nuit et veut partir au petit
matin comme un voleur. A quoi tu joues Bill ?

- Je ne joue pas !
Dis-je sincèrement en me défendant.

Il se redresse et vient se placer au dessus de moi, ses bras de chaque côté de
ma tête.

- Tu joues avec moi... avec mes sentiments.

- Je... non !

- Si ! J'essaie de te préserver mais c'est toi qui me cherches !
Déclare-t-il
sèchement. Tu viens dormir dans mon lit, comment tu veux que je réagisse en te
découvrant là le matin, à moitié à poil contre moi ?

- J'avais pas pensé que tu le prendrais comme ça...

- Bill t'es con ou quoi ?
Ses yeux me lancent des éclairs et il m'intimide assez.

- Je suis... désolé. Il se baisse un peu sur moi et je peux sentir son pénis dur
contre mon ventre. Je déglutis. J'aurais pas imaginé que je puisse provoquer ça.

- T'attends quoi ? Que je n'arrive plus à me retenir ? Que après t'avoir vu
bouger ton ptit cul toute la journée j'te viole ?

Il en est presque venu à crier.

Il me fait vraiment peur là. Je n'ai pas l'impression que c'est mon frère. On dirait
quelqu'un d'autre. Mes yeux s'embuent de larmes et je ne peux plus soutenir
son regard assassin, je tourne la tête.

- Tom dis pas ça... ma voix se brise dans un sanglot alors qu'une vague de
panique s'empare de moi. Il se calme soudainement, se rendant compte de la
violence de ces mots.

- J'aurais pas du dire ça, j'suis désolé. Il se laisse tomber à côté de moi.

J'étais tellement effrayé à l'idée qu'il le fasse vraiment... mais c'est Tom, il
pourrait pas. Je me mets sur le côté, me rétractant sur moi-même. Il passe un
bras autour de moi me faisant trembler et vient coller son torse contre mon dos.

- Bill... je t'aime. Il dégage ma nuque de mes cheveux et l'embrasse.
J'te ferais jamais de mal tu sais. Il embrasse mon épaule. J'te protégerais
toujours.
Il effleure ma joue de ses lèvres. Ne m'en veux pas, murmure-t-il à
mon oreille

Je tourne mes yeux encore humides vers lui. Il a l'air tellement désolé et triste
de m'avoir fait si peur. Son visage se rapproche et nos nez se chatouillent.

- Non, je ne t'en veux pas. C'est moi qui suis idiot. J'arrive pas à
comprendre ce que tu ressens.

- Voilà ce que je ressens.


Comme pour me montrer, il ferme les yeux et connecte délicatement nos lèvres.
Ca ne me brusque pas, ça me rassure même. Ce n'est pas la première fois qu'on
se smack, mais jamais nos baisers n'étaient aussi appuyés. J'ai l'impression que
sa dure une éternité. Je ferme à mon tour les yeux alors que sa langue s'insinue
dans ma bouche et vient caresser la mienne. Son souffle est tiède mais pas
désagréable. Je sens une douce chaleur se propager dans mon corps et des
papillons volent dans mon ventre. Soudain il arrête tout et s'écarte de moi,
se préparant à une réaction de ma part. Mais rien ne vient. Je ne sais pas
comment je dois réagir.

- On n'aurait pas du. Ces mots sortent finalement, comme des traîtres.
Ce n'était pas ce que je voulais dire. C'était bien mais ce n'était pas une bonne
idée, vis-à-vis de lui.

Son visage est toujours au dessus de moi et je vois la tristesse qui s'empare de
lui, la déception aussi. Je tente vite de me rattraper mais je crois que c'était une
erreur :

- Ce que je veux dire c'est... ne t'attends pas à plus de ma part.

Cette fois c'est lui qui est perdu, et déçu aussi. Il me supplie de façon presque
inaudible :

- On ne pourrait pas juste... essayer ?

- Essayer quoi Tom ?
Je lui réponds sur un ton tout aussi bas, presque un
murmure.

Il ne sait pas quoi dire, je le vois. Je peux ressentir sa douleur.

- Mais... je t'aime moi. Il m'embrasse à nouveau, je lutte contre mon envie de
répondre à son baiser et le repousse finalement. Je sais que c'est dur pour lui de
m'avouer ça. Il n'a jamais dit ces mots a personne. A personne sauf moi.

- Arrête ça ! Ce sera trop dur sinon... Ce sera trop compliqué...

- Jm'en fou j'ai juste envie d'être avec toi.


Il est au bord des larmes, semblablement à moi il y a encore plusieurs minutes.
Il ne démord pas et m'embrasse à nouveau. Cette fois je ne peux plus résister,
je me sens paralysé. Il s'allonge contre moi, son sexe toujours dressé touche le
mien. Il n'y a que mon boxer qui nous sépare. J'ai peur mais en même temps
j'ai confiance en lui.

Notre baiser s'approfondi et nos langues tournent violemment l'une contre l'autre
pareillement à une danse effrénée. Je ne sais plus où je suis, ce que je fais, la
seule chose présente c'est la langue de Tom dans ma bouche, son souffle.

Il commence à se frotter contre moi et ma virilité se dresse doucement. C'est
dégueulasse, j'me dégoûte. J'veux pas et pourtant je ne l'empêche pas de
continuer. Un gémissement s'échappe de ses lèvres.

- Tom... on peut pas. J'arrive à articuler. Mais il ne m'écoute plus, il se frotte de
plus en plus fort à moi et ça m'excite malgré ma volonté. Mon cerveau refuse
mais mon corps ne désire que ça.

Il fait descendre le dernier bout de tissus qui nous sépare et je ne sais pas
comment mais il arrive à me le retirer. Nos sexes sont durs et s'entrechoquent,
se frottent plus franchement. Le sien est humide et le mien le devient
rapidement.

J'écarte un peu plus mes jambes et les enroulent autour de lui, rapprochant nos
corps. Je passe aussi mes bras autour de son cou. Il lèche le lobe de mon oreille
et gémi tout contre. Ses coups de bassin deviennent plus violents. Je ne
comprends pas pourquoi on fait tout ça mais c'est si bon. La peau de mon sexe
est brûlante, d'ailleurs, tout mon épiderme l'est. Je me sens embrasé de
l'intérieur. La sueur s'échappe de tous nos pores. Mes cheveux collent sur mon
visage. Ses dreads me chatouillent les épaulent et les joues. Ses dents serrent
mon épaule.
Il me mord pour ne pas hurler. Mon souffle est saccadé. Ma respiration se coupe
à chaque à-coup. Les frottements provoquent des montées de plaisir intense.
Mon sang palpite dans mes veines. Tout est trop bon, j'ai envie de hurler pour
évacuer toute cette tension. Je ne sais même plus comment on en est arrivés là,
tout ce que je sais c'est que je suis bientôt au bout.
Sa virilité tape doucement contre mes testicules et remonte le long de ma verge.
Mon gland frôle son ventre et ce contact me donne des frissons électriques.
Je sens des petits picotements parcourir mon corps. Alors que ma vue se brouille
la seule chose qui compte c'est qu'il gémit à présent mon nom dans mon cou.
Je le sens s'arrêter quelques secondes et se contracter alors qu'il étouffe un râle
rauque. Je sens sa semence couler sur mon ventre.
Une main baladeuse se glisse entre nous et caresse mes abdominaux venant
cueillir un peu de liquide. Ses doigts serrent ma fierté et font quelque
vas-et-vient qui me font décoller. Je crie mon orgasme aussi fort que je peux
tandis que je me crispe de tout mon long, jouissant dans sa paume.

Ses yeux presque noirs me fixent et un index mouillé arrive jusqu'à sa bouche.
Il le suçote dans une vision plus que provocante. Il se penche et chuchote :

- Il fallait juste essayer...

Et il se laisse retomber lourdement contre moi.

[...]

# Posté le mardi 15 janvier 2008 17:01

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:42

Chapitre 19

Chapitre 19
'Qu'est ce que j'ai fait ?' sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit.
Putain mais Tom... qu'est-ce qu'on a fait ? Je ne voulais pas tout ça, je ne voulais
pas aller aussi loin. Je voulais juste un peu de chaleur et de réconfort de la part
de mon grand frère. Mais mon grand frère n'est plus, il a laissé place à un
amant... Est-ce que je peux revenir en arrière ou est-ce qu'il est trop tard ?

Je suis allongé sur le côté, les yeux dans le vide, fixant le mur en face de moi.
J'ai essuyé mon ventre souillé de notre acte avec un bout de drap. Je le sens
loin à l'autre bout du lit, j'ai froid mais je ne bouge pas, réfléchissant à tout ça.

Il se lève et enfile son boxer. Il quitte la pièce sans se retourner. Il a du sentir à
quel point j'était troublé. Je l'entends s'activer dans la cuisine.

Je sors du lit tant bien que mal et titube comme un handicapé jusqu'à la pièce où
Tom est. Il est accoudé au plan de travaille pendant que la café coule et que les
toasts grillent, diffusant une odeur de pain chaud. Il me regarde et déclare :

- Je sais que tu regrettes... il baisse les yeux pour admirer le carrelage.

Je m'approche doucement et le prends dans mes bras, calant sa tête contre
mon torse.

- Non... c'est bizarre. Je n'avais jamais envisagé notre relation sous
cet angle.

- Je te dégoûte ?
Il s'enfouit un eu plus contre moi.

- Dis pas ça Tom - Regarde de moi. Je prends sa tête entre mes mains et le
force à me fixer. Je l'ai rarement vu aussi déboussolé.
C'était bien, vraiment... j'ai juste besoin de temps pour réfléchir,
tu comprends ?


Il hoche timidement la tête et je l'embrasse sur le front.

Où est la limite de la fraternité ? A partir de quand une caresse devient elle trop
intime ? Je ne sais pas. Peut-être qu'on a toujours été dans cet entre-deux dans
le fond. Aussi loin que mes souvenirs remontent on a toujours été très proches.
Aujourd'hui c'était juste un peu plus que d'habitude. Alors est-ce que ce n'est
pas dans la continuité des choses finalement ? Ce destin n'est-il pas inexorable ?
Je pense tout simplement que ça devait arriver, peu importe le temps que ça
prendrait. Est-ce que je suis prêt à vivre ça ?

[...]

- Ca va faire mal ?
Je demande

- Non Monsieur Kaulitz. Me répond le médecin. C'est juste un plâtre à
enlever... vous devrez faire de la rééducation avant d'aller gambader
mais à par ça vous êtes libre !


Je suis si content ! J'en avais vraiment marre de me trimbaler avec ça depuis
un mois !
Je suis assis sur un fauteuil, la jambe posée sur un tabouret. Je fixe Tom et il me
sourit avant de m'attraper la main. En quelques minutes je suis débarrassé.

On peut quitter l'hôpital. C'est Tom qui nous reconduit à l'appartement avec sa
grosse voiture. Sa Cadillac chérie. Il en a d'autres mais celle là c'est sa préférée
car c'est la première qu'il a achetée. Ca représente beaucoup pour lui.
Ses casquettes, sa guitare, sa voiture... matérialiste va !

Depuis notre petite aventure matinale il y a trois semaines, tout se déroule plutôt
normalement. On dort ensemble, on se fait des smacks parfois mais pas plus.
Il a bien compris que j'étais troublé par ce qui s'était passé et ne veut pas me
brusquer. Je sais néanmoins qu'il attend quelque chose de ma part, comme si je
devais donner une réponse à une question. Mais voilà, le problème c'est que je
ne sais pas ce que je dois répondre !
Il devrait avoir déménagé mais il est resté seulement pour m'aider
(bien que je puisse me débrouiller seul).
Maintenant, il n'a aucune excuse pour rester.
Je vais devoir lui dire ce que j'éprouve. Qu'est-ce que j'éprouve en fait ?
De l'affection ? De l'amour ? Tout aurait pu être beaucoup plus simple !

Sur la place du passager je le fixe, il est concentré sur la route. Il n'a pas
vraiment changé ces dernières années, ni vieillit, il est juste plus mûr.

On arrive dans la maison. Le cliquetis de mes clefs balancées sur la table brise le
silence. Je m'écroule sur le canapé en soupirant.

Comme à chaque fois qu'il me parle en ce moment, il a un ton hésitant
C'est bon je vais pas le bouffer !

- Tu... je... vais jouer à la play' dans ma chambre... tu veux faire une
partie ?

- OK


Est-ce que je fais si peur que ça ? Je ne reconnais plus Tom. Il a toujours l'air
d'un petit garçon que je vais gronder. Il faut qu'il comprenne qu'il n'a rien à
se reprocher.

Je me mets à la tête du lit contre le mur et il fait de même à coté de moi. On
commence une course de voiture effrénée et il gagne, ainsi que les suivantes !
C'est nul >__< J'aime pas, je perd toujours à ce jeu !

Après une bonne heure, je pose la manette.

- Tu veux arrêter ? Il à l'air surpris.

- Ouais j'en ai marre.

- Tu veux faire autre chose ? Dead or Alive ?

- Non, c'est bon...
J'ai un peu mal à la tête et pas vraiment envie d'enchaîner
sur une nouvelle partie.

- Tu dis ça parce que je t'éclate à ce jeu !

Il descend du lit et s'accroupit pour éteindre la console.

- Même pas vrai ! J'ai gagné l'autre jour avec Christie !

- Ouais ça c'est parce que j'avais pris Lei Fang et qu'elle est nulle !

Il fait un sourire en coin.

- Non dis pas ça c'est ma préférée !

- Elle - est -nulle !
Fait-il en se rasseyant sur le lit.

Je lui balance un coussin au visage et il le rattrapa avant de m'assener de
plusieurs coups. Je me recroqueville et fais mine d'avoir mal.

- Aïe aïe !

- Ca va ?


Il baisse sa garde et je le frappe avec un oreiller.

- Connard ! Peste-t-il

Il lâche son 'arme' et saisit mes poignets. Je me débats mais il sert trop fort.
Je suis alors allongé sur le dos et lui agenouillé entre mes jambes.

- Tu vois... je suis plus fort que toi. Souffle-t-il. Son visage est à quelques
centimètres du mien.

Pour le surprendre je colle nos bouches. Il me tient toujours aussi fermement et
répond au baiser.

- Dois-je comprendre que... dit-il dans un souffle.

- Oui ! Je le coupe. Je t'aime Tom. Mon c½ur tambourine à toute vitesse dans
ma poitrine. C'est dit ! Je suis tellement soulagé. Je pense que c'est ça que je
ressens, de l'amour.
On s'embrasse plus vivement

Soudain, il me lâche, se recule et quitte précipitamment le lit, arrangeant son
T-shirt, comme si quelqu'un venait de nous surprendre. Mon légendaire sourcil se
lève en signe d'incompréhension. N'est-ce pas ce qu'il attendait ?

- Je... je pense que cet appartement est trop petit pour moi. Et j'ai payé
l'autre maison Bill.
Il regarde la porte et se décide enfin à planter ses yeux
noisette dans les miens.

- Tu - Veux partir ? J'ai presque les larmes aux yeux. Mais il se fou de ma
gueule ou quoi ?!

- Oui je pars...

Il s'approche et pose sa main sur ma joue. Il continue :

- ... mais tu viens avec moi.

Je le tire fortement vers moi. Mes doigts viennent s'accrocher vers sa nuque
alors que nos lèvres se scellent à nouveau, plus passionnément cette fois.
J'ai l'impression que si je m'arrête de l'embrasser je ne vais plus pouvoir
respirer, c'est lui mon oxygène. Je me rends compte à quel point il m'est vital.

[...]

# Posté le mardi 12 février 2008 12:10

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:43

Chapitre 20

Chapitre 20
- Putain c'est grand !

Ma voix résonne dans toute la maison vide alors que je saute au coup de Tom.
Le rez-de-chaussée est juste une immense pièce au parquet ciré. Au fond, il y a
une cuisine américaine et au milieu les escaliers qui mènent à l'étage. Une fois
meublé, ce sera vraiment magnifique.

Je le tire par la main pour qu'on monte. En haut il y a deux grandes pièces pour
les chambres, des W.C. et un salle de bain avec douche et... jacuzzi !!

- Tom, t'as vraiment bien choisi !

- Je sais, je sais, dit-il avec un sourire de tombeur.

- Pfff.

Je vais à la fenêtre de la chambre la plus grande et remarque que la parcelle de
terrain est considérable.

- J'arrive pas à croire qu'on va habiter là comme... un couple. Je déclare un peu pensif.

- Tu sais, ça fait déjà 20ans qu'on habite ensemble.

- Oui mais c'est différent... j'vois déjà Bill et Tom junior courir dans le
jardin.

- Euh... tu sais que c'est techniquement impossible >.<

- Laisse moi rêver.


Je sors une clope, l'allume et tire une bouffée. Ca faisait longtemps. J'vois même
pas pourquoi j'ai recommencé à fumer. Peut-être que ça me calme.

Il s'approche de moi et m'attrape par les hanches. Je fais attention de ne pas lui
recracher toute la fumée au visage. Il se fiche complètement que je ne sois pas
coiffé ni maquillé, ni même que j'ai une haleine de cendrier, il pose simplement
ses lèvres sur les miennes et nos langues se caressent.

Je me dis que j'ai failli passer à côté de ça. De lui. De tout ce bonheur qui coule
dans mes veines comme une drogue. Maintenant je suis sûr que ma vie n'a
aucun sens sans lui, on était destiné l'un à l'autre. On ne peut pas lutter...

- J'mets ça où ? Crie une voix en bas de l'escalier.

On sursaute. Les déménageurs viennent de nous rappeler que nous ne sommes
pas seuls.

- J'arrive ! Je répond en m'écartant de lui a regret.

[...]

- N'empêche, je trouve que ça fait vide...

- Quoi ?
Je demande en levant la tête de la planche à découper.

Nous sommes en train de préparer ce qui est censé être un dîner et je découpe
des tomates.

- La maison... elle est beaucoup plus grande que l'appartement, il nous
faudrait de nouveaux meubles.

- D'accord,
et bien on ira voir ça demain, je dis en souriant.

Il vient se presser contre mon dos et m'embrasse dans le cou. Il glisse ses mains
sous mon T-shirt et vient caresser mon ventre. C'est dur de résister car son
odeur emplie mes narines, mais je sais que si je ne fais rien on risque de se
retrouver à se caresser.

Depuis la première fois ce n'est plus arrivé mais je sens qu'il me pousse de plus
en plus, qu'il en a envie. Et moi je ne sais pas quoi faire, je le veux aussi mais je
l'appréhende tellement.

Ca s'était fait spontanément, il m'avait touché et je l'avais laissé faire. Mais là j'ai
l'impression qu'il attend beaucoup plus et je ne me sens pas prêt. Prêt à prendre
des initiatives, prêt à le laisser me toucher plus intimement...

- On a notre chambre à nous maintenant. Susurre-t-il.

Alors ça, ça me met A PEINE la pression >.<

- Oui et d'ailleurs c'est vraiment la bazar... il faudrait qu'on appelle notre
femme de ménage et qu'on lui propose de reprendre du service. Et bien
sûr tu devras lui donner de plates excuses !
Je réplique pour changer de sujet.

- Et lui donner une augmentation. Ajoute-t-il en sentant ma gêne et en
s'écartant.

[...]

Cette nuit, il m'a serré si fort dans ses bras que j'ai cru qu'il me prenait pour un
nounours. Je l'aime à en crever et j'ai peur de le décevoir. A chaque fois que je
m'arrange pour éviter les contacts un peu trop poussés, j'ai l'impression de le
repousser, de lui faire du mal, et ça me tue. On ne peut pas continuer comme ça
il faut que je fasse un effort.

- Qu'est ce que t'en penses ? Me demande-t-il en pointant un lit du doigt.

- J'en pense que... on a déjà, deux lits, le tien et le mien. Je réponds en
sortant de ma rêverie.

- Je veux un lit à nous. Allez viens.

Il s'assoie et me tire vers lui. Ses mains se baladent dans mon dos et viennent
caresser mes fesses. Je sais qu'on est 'déguisés' mais je n'aimerais pas trop
qu'on nous remarque.

- Tom ! On peut pas, y'a des gens...

- J'ai envie de toi,
murmure-t-il contre mon ventre.

Respire Bill, caaalme, tu es dans un magasin et... Il passe dans mon pantalon. Gott !

Je me recule pour me dégager. Et il me fait un regard de pervers avide.

- Tooom, je supplie.

Il se relève et me prend la main tandis qu'on continue la visite. Je ne peux pas
m'empêcher de regarder autour de nous pour savoir si personne ne nous a vu.
Mon c½ur bat la chamade quand il me touche, et il se serre à l'idée que je puisse
le perdre...

Il m'embrasse sur la joue et je rougis comme une gamine. On avance un peu et
il me montre des objets. Je n'y fais pas attention, pourtant c'était mon idée de
venir ici. Je n'ai pas la tête à ça. J'ai la tête à lui. A nous.

On repart avec des lampes, des bougies, que des babioles qui servent à la déco
quoi. Dans la voiture il n'arrête pas de me jeter des coups d'½il entendus et ma
caresse la cuisse. Sa main que je repousse gentiment retourne se poser sur le
volant. C'est qu'il va m'exciter ce con >.<

On pose les sacs dans le salon et soudain il m'attrape le bras et me tire dans les
escaliers. Je loupe une marche et manque de me casser la gueule. Il me traîne
jusqu'à notre chambre.

Il me plaque contre le mur et m'embrasse sauvagement alors qu'il enlève son
sweat. Je fais de même avec ma veste et mon T-shirt que j'envoie valser.
Je ne sais pas quelle folie me prend mais j'ai l'impression de brûler. Il dévore
avidement mes lèvres alors qu'il se bat avec la boucle de ma ceinture.
Ses mains tremblent de désir et moi aussi.

Mon pantalon tombe finalement à mes pieds et le sien aussi. Je peux voir son
érection sous son boxer. J'ai peur de la suite, qu'est ce qu'il veut faire au juste ?

Ses doigts glissent sur mon torse et il se mord la lèvre. Il descend jusqu'à mon
sous vêtement et tire doucement sur l'élastique. Je ferme les yeux et prends une
grande inspiration. Je ne sais pas si je peux aller plus loin. Je ne veux pas qu'il
parcoure mon corps souillé.

- Tu ne veux pas ? Me demande-t-il.

- Je... ne sais pas.

Il serre mon visage entre ses mains.

- Bill écoute moi, jamais je ne ferais quelque chose que tu ne veux pas.
Je ne veux pas te forcer ni te faire du mal.


Il me colle contre lui et continue :

- Je t'aime.

Sa voix est rassurante et notre étreinte se transforme en câlin. On se
débarrasse de nos pantalons (et de nos chaussettes) et on se glisse sous les
draps. La tension sexuelle est retombée comme un soufflé.

Je ne sais pas combien de temps s'écoule avant que je m'endorme, mais je sais
qu'à un moment j'ai arrêté de sentir le bout de ses doigts dans mon dos et sur
mes hanches.

[...]


Le lit s'affaisse et je me retourne. Il fait sombre mais je vois que Tom est assis.

- Il est quelle heure ? Ma voix est éraillée

- Minuit.

- Quoi ? Ca veut dire que...

- ... tu as dormis toute la journée
, finit-il

Je n'aime pas faire ça... j'ai l'impression de perdre ma journée et en plus la nuit
je ne suis pas fatigué. Je préfère dormir le matin.

- Tomi j'ai froid, je fais avec une moue boudeuse en m'enroulant dans un bout
de drap.

Il vient contre moi et tire la couette. Nos fronts se touche et je vois ses yeux
briller dans le peu de lumière qui vient de la lune.

Ses dreads sont mouillées et l'eau coule sur l'oreiller. Il sent une odeur de
vanille. Il sort de la douche et il est nu.

Il m'embrasse. Nos langues s'écrasent lentement et tournent. C'est doux et
rassurant. Je m'accroche à sa hanche et il se rapproche un peu plus. Je sens son
sexe dressé toucher mon aine et il se crispe. Je souris et je viens me saisir de
cette virilité.

Je frôle le bout de son gland humide avec mon pouce et il gémit.

- Je croyais que tu ne voulais pas, peine-t-il à articuler.

Pour toute réponse je commence un lent va et vient, faisant rouler la fine peau.
Il relâche ses muscles et s'abandonne à mon bon vouloir.

Je sais qu'il est frustré qu'on ne fasse rien alors que tout va bien entre nous.
Je ne peux pas ne rien lui faire éternellement.

- Mh, plus... vite.

Sa tête bascule en arrière et il ferme les yeux de concentration. J'accélère sur sa
demande. Son bassin bouge machinalement et je le plaque contre le matelas.
C'est moi qui contrôle.

Il agrippe ma nuque et me amène vers lui pour que nos bouches se collent à
nouveau. Mon poing est plus serré et son sexe plus dur. Je le sens vibrer sous
moi et un liquide chaud coule sur ma main. Un râle rauque sort du fond de sa
gorge alors qu'il jouit puissamment.

Je me laisse tomber sur lui, ma tête sur son torse et il démêle mes cheveux et
joue avec une mèche qu'il enroule sur son index avant de la laisser et d'en
prendre une autre.

Je crois qu'il n'a pas remarqué que je suis excité à mort, et ça m'arrange.
Je ne veux pas être touché pour le moment.

[...]

# Posté le samedi 15 mars 2008 17:26

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:44

Chapitre 21

Chapitre 21
- Tom !

- J'en peux plus Bill... tu me rends fou. Fait-il en écrasant à nouveau sa
bouche contre la mienne.

On vient de rentrer des courses et il a commencé à m'embrasser sur le palier.
C'est peut-être le fait que je sois au naturel qui lui fait autant d'effet...

- Attends, il faut ranger les paquets.

Je m'échappe de son étreinte et me dirige vers la cuisine. Je dépose tout sur le
bar et sent ses bras enlacer ma taille et sa bouche s'accrocher à mon cou.
Je soupire, comment résister ?

- Viens, montons... s'il te plait.
Murmure-t-il à mon oreille.

Je me retourne et il me tire par la main jusqu'en haut. Mon c½ur bat à tout
rompre. Je stresse toujours quand les choses deviennent sérieuses entre lui et
moi. Pour l'instant j'ai réussi à éviter d'aller trop loin sans lui fournir
d'explications mais mes refus à répétitions commencent à l'intriguer,
je le vois bien.

Il me pousse sur le lit et se met à califourchon sur moi. Il tire sur le col de mon
T-shirt pour aller dévorer mes clavicules. Sa langue vient ensuite à la rencontre
de la mienne. Elles se caressent passionnément.

Il retire son haut XXL qu'il balance au sol et mes mains passent sur son torse nu.
Je sens son épiderme réagir à se contact et la chaire de poule se forme. Il enlève
mon T-shirt et je me cambre pour lui faciliter la tâche.

Il repart à la découverte de ma peau, léchant chaque parcelle qu'il peut.
Il mordille mes tétons, trace les contours de mon nombril, redessine mon
tatouage en étoile.

Il relève les yeux et me regarde alors qu'il déboutonne mon pantalon. Je me sens
mal. Je me sens toujours mal quand je dois me mettre nu pour lui. Je sais qu'il
ne me jugera pas, j'ai confiance en lui mais j'ai tellement honte de ce corps
souillé qui est le mien.

Il descend mon jean qui finit par terre, ainsi que mes chaussettes. Il ne reste
plus qu'un vêtement pour me protéger du contact avec lui. Contact que je désire
mais que j'appréhende.

Il fait valser son baggy et se retrouve dans la même tenue que moi. Il a sa tête
entre mes jambes et ça me gêne tellement. Je n'arrive pas à profiter des
caresses qu'il me donne.

- Détends toi. Je veux essayer quelque chose mais tu dois me faire confiance.

Je hoche la tête et l'enfonce dans l'oreiller, me préparant à la suite. J'inspire
profondément. Je sens mon boxer glisser sur mes cuisses et ma virilité dressée
entre en contact avec l'air.

Il souffle dessus, me faisant frissonner. Sa langue passe sur mon gland.
C'est chaud, humide, doux. Parfait. Il lèche la fente et une vague électrique me
traverse. Mes orteils se crispent.

Malgré tout je me sens terriblement mal. Je n'aime pas qu'il soit soumis comme
ça. Je l'ai été trop de temps... je ne veux pas qu'il soit comme moi. Il est trop
pur lui, je ne peux pas le salir.

- Tom... arrête tu n'es pas obligé. Je parviens à murmurer.

Il me fixe avec un regard qui me fait fondre.

- Je sais, j'en ai envie. Profite juste... ça me fait plaisir. Et il sourit.

D'accord je pense. Il faut que je fasse des efforts. Si ça peut lui faire plaisir je
peux tout accepter. Je l'aime, sûrement trop mais on s'en fiche.

Il reprend son activité sur mon sexe, l'englobant en entier. C'est encore meilleur.
Il fait rouler ma fine peau entre ses lèvres. Mon membre entre et sort de sa
cavité buccale. C'est mou, humide et incroyablement bon.

Il joint une main, ne pouvant tout faire entrer en lui. Je gémis, je me laisse aller.
Je crois même que mes hanches avancent toutes seules. Je ne sais plus très bien
ce qui se passe, je sens juste des sensations agréables me noyer, des
fourmillements dans tout mon corps.

Tout à coup un doigt vient frôler timidement mon entrée. Tout se stoppe.
Le monde s'arrête de tourner. C'est comme un électrochoc. Il appuie un peu et je
me recule. Je m'éloigne de lui. Je ne veux plus qu'il me touche. Je rapproche
mes jambes de mon torse.

Il ne comprend pas pourquoi je réagi de cette manière alors que ça se passait
bien. Il ne sait pas. Mais moi je sais. Je ne veux pas qu'on touche cet endroit.
Je ne veux pas qu'il me touche.

- Bill... ça va, tout va bien. Il est un peu incrédule.

Il s'approche de moi mais je ne peux pas reculer plus, je suis déjà contre le mur.
Il m'enlace. J'aimerais courir, m'enfuir. J'ai honte.

- Non, non laisse moi.

Je tourne la tête dans tous les sens, j'essaie de m'échapper de son étreinte.

- Shhh Bill. Il caresse mes cheveux et me berce.

Une fois de plus je cède. Je me calme un peu. Parce que c'est lui et qu'il me
rassure. La tension sexuelle est tombée au plus bas.

- Qu'est ce qui ne va pas ? Me demande-t-il enfin.

- Rien.

- Je vois bien qu'il y a un problème... je t'ai fait mal ?
Il a l'air désolé.

- Non tu es parfait, le problème c'est moi.

Je ne le regarde pas. Il y a cette honte qui me ronge. Je ne peux pas lui dire.
Il va me détester. Je vais le dégoûter. Il va m'en vouloir.

- Ne raconte pas n'importe quoi... J'ai été un peu trop insistant, tu n'en
avais pas envie ?


Il cherche des explications.

- Tom tu n'as rien fait de mal.

- Alors pourquoi tu as réagi comme ça ?


Il pose son index et son pouce sur mon menton et relève ma tête.
J'ai le sentiment qu'il lit en moi.

- J'ai eu peur...

- Peur de quoi ?
Il parle tout bas.

- Que... d'avoir mal.

Des larmes commencent à perler sur mes joues. J'ai tout gâché, je suis qu'un
idiot. Je renifle bruyamment et il me serre plus fort contre lui.

- Il m'a fait tellement de mal Tom...

Je ne peux plus articuler un seul mot. Les sanglots prennent toute la place dans
ma gorge.

- Qui ça ?

Je ne répond pas et il me secoue à demi énervé, mais surtout très inquiet.

- Qui ça Bill ?!

- Kurtis... tu étais si loin de moi... j'ai eu peur sans toi. Il m'a forcé.
Tous les soirs il me forçait.


Il est horrifié. Je savais que je le dégoûterais ! Je n'aurais jamais dû lui en parler.

- Oh mon Dieu. Je n'ai rien vu... Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- J'avais tellement honte Tom. Je me sens si sale...
Je m'accroche un peu à lui.

Lui aussi pleure je crois. Je ne l'ai jamais vu pleurer, sauf quand on était
vraiment petits.

- Je suis désolé, pardonne moi Bill. J'aurais dû être là. J'aurais du... faire
quelque chose. J'avais trop peur de mes sentiments pour toi.
J'ai fait n'importe quoi. Je m'en veux, je... je...


Il dit tout ça à une vitesse impressionnante. Je reste cloué sur place.
Il est tellement adorable. Comment aurait-il pu savoir ? Je le serre fort contre
moi, je ne sais pas quoi dire.

- Je t'aime, je murmure contre son cou.

Je sais qu'il comprendra que je ne lui en veux pas.

On reste comme ça quelques minutes avant qu'il n'aille gentiment chercher mes
vêtements, voyant qu'aujourd'hui on n'ira pas plus loin et que je commence à
avoir froid.

On se rhabille et il me prend la main.

- Viens, on va ranger les courses. Fait-il dans un sourire.


[...]


Je vais me poser à côté de mon jumeau qui est déjà dans le canapé en train de
regarder le film qui commence. Il a un saladier de pop-corn sur les genoux.
J'espère qu'il m'en a laissé.

Je m'assois à côté de lui et pose ma tête sur son épaule. Ma main plonge dans le
récipient et je le frôle. Il tressaille. Je lève les yeux et déclare :

- Je vais bien Tom.

Je sais ce qu'il pense. Il pense qu'on ne devrait pas se câliner comme ça après ce
qu'il s'est passé tout à l'heure.

- Désolé c'est juste que...

- Que... ?
Je demande en haussant un sourcil.

- Je me demande si... je ne t'aie pas un peu forcé.

Je soupire.

- Bien sûr que non. Tout ce que j'ai fait, c'est parce que j'en avais envie.
Même quand je t'ai touché.

- D'accord.
Il pose ma tête sur son épaule.

- J'ai besoin d'un peu de temps pour aller plus loin c'est tout.

- On avancera à ton rythme.


Il embrasse mon front. Il prend un pop-corn et le tient devant ma bouche.
Il appuie dessus avec le soufflé de maïs et je le laisse entrer, aspirant le bout de
ses doigts, suçotant le sucre dessus.

Il rit doucement et on se reconcentre sur ce qu'il se passe sur l'écran.

[...]

# Posté le jeudi 03 avril 2008 15:40

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:45