Chapitre 13

Chapitre 13
Gustav me dépose devant l'immeuble. Je le remercie beaucoup de son soutient
et lui glisse un « A bientôt » avant de me retourner face au luxueux bâtiment.
J'entre dans le hall puis attends l'ascenseur, la pression monte. Pourquoi je suis
tellement stressé ? Parce que je vais le revoir... lui. Il n'est pas revenu me
rendre visite depuis notre dispute, depuis la première semaine de mon
incarcération. C'était dur pour moi de rester sans lui autant de temps alors que
nous vivions ensembles. La cabine s'ouvre, j'entre. Je compte les étages qui me
sépare de mon chez moi. Une boule se forme dans ma gorge et mon ventre se
noue. L'ascenseur s'arrête et s'ouvre sur un couloir plongé dans le noir. J'appuie
sur l'interrupteur et m'approche de la porte de l'appartement. Je cherche dans
ma poche la clef que Gus' m'a donné quelques minutes auparavant. J'enfonce
l'objet métallique dans la serrure et le tourne deux fois.

Je pénètre dans l'entrée, plongée dans l'obscurité. L'odeur de la maison envahie
mes narines... son odeur. Le silence pesant m'indique pourtant qu'il n'est pas là.
Ca ne m'étonne même pas, il ne fallait pas s'attendre à un accueil chaleureux de
sa part.

Je jette nonchalamment mon blouson sur le canapé du salon et va dans ma
chambre. Ca y est, je suis libre, et maintenant je fais quoi ? Je devrais être
soulagé, heureux, mais à quoi bon puisqu'il n'est pas avec moi pour partager
cette joie ?

Je décide de commander une pizza et m'installe devant la télé, toujours dans ma
chambre. C'est ce genre de petits plaisirs qui m'avaient manqués...

Bizarrement, je ne suis pas du tout absorbé par l'émission. En fait... je l'attends.
Le stress est encore plus intense, je ne sais pas du tout quand il va arriver ni
comment il va réagir. Je ne sais même pas si il est au courant de ma sortie.
Je ne sais rien, c'est un étranger pour moi. Après des mois de séparation,
mon jumeau est devenu un étranger...

Je pose le carton vide par terre et va faire un petit tour dans la salle de bain.
Je me regarde dans le miroir, c'est fou ce que je parais maigre... Je me
déshabille et retourne me glisser sous ma couette. Haaan mon lit
<3 Je t'aime tu sais...

[...]

Il n'est pas discret et me réveille. Je l'entends rentrer. Il allume le couloir. La
lumière se faufile sous ma porte. Il souffle à demi énervé, il a du voir mon
manteau. Il va dans la salle de bain et prends une douche. Moi je l'écoute,
j'écoute le bruit de l'eau aussi... Il sort et va dans sa chambre. Des voix ?
Il regarde la télévision. Je souris. Il est si proche de moi physiquement à cet
instant. Pourtant je ne me sens même pas le courage d'aller lui parler.
J'ai si peur de sa réaction... J'essaie de deviner comment il est, j'arrive presque à
former des images dans ma tête. J'me trouve presque pitoyable. La boule dans
mon estomac disparaît un peu. Je me sens apaisé de savoir qu'il n'est pas loin...
Quand je pense qu'il s'est enfin endormi, je me sens plus serein et me rendors.

[...]

J'ouvre péniblement les yeux. La lumière que les rideaux laissent filtrer me fait
voir ma chambre. MA chambre. Pour la première fois depuis des mois, je me
réveille dans MON lit. Je me décide à quitter mes couvertures et pénètre dans le
couloir en direction de la salle de bain. Tout est calme. Es-ce que Tom est déjà
levé mais est parti ou bien il dort encore ? J'en sais rien... je l'aurais entendu,
non ? Je me stoppe devant sa porte et tend l'oreille. Bon c'est sûr que comme ça
je risque pas de savoir, j'entends même pas un petit bruit... Je pose ma main sur
la poignée. Si j'ouvre la porte maintenant je vais le voir... alors que je l'ai pas vu
depuis des mois. Je sais pas si j'ai envie que nos retrouvailles se passent comme
ça... Même si elles ne seront sûrement pas très chaleureuses je n'ose lui voler ce
moment. Je sais pas ce que je dois faire. Je prends une grande inspiration puis
tourne délicatement la poignée. Si il est là je ne veux surtout pas le réveiller.
Je retiens mon souffle comme ma respiration pouvait me trahir et pénètre dans
la chambre. Il fait sombre et je marche sur la pointe des pieds, m'approchant
doucement du lit. Je ne distingue pas si il est occupé ou non. Soudain je le vois.
Il dort paisiblement. Je suis rassuré de savoir qu'il est près de moi. Pourtant je
ne vois pas l'intérêt de tout ça... Je m'approche encore un peu plus pour pouvoir
l'observer. Mon c½ur bat tellement fort que j'ai l'impression qu'il peut l'entendre.
Il est si beau et si tranquille. J'ai envie de le toucher pour voir si il est réel.
Je tends ma main. Mes doigts ne sont qu'à quelques centimètres de sa joue.
J'ai trop envie de ce contact. Il m'a tellement manqué. Avant on était si
proches... J'effleure à peine sa peau que je me retire immédiatement comme si
je venais de me brûler. J'ai l'impression de faire quelque chose de mal ;
de profiter de lui sans son consentement. Ca me semble con : je suis son jumeau
et j'peux même pas le frôler. Mais c'est comme si c'était interdit. Comme si lui,
en créant ce fossé entre nous, me l'avais interdit. Il grogne dans son sommeil et
je sursaute, comme pris en flagrant délit. Je décide d'arrêter ces conneries et
repars tout aussi silencieusement. Avant de refermer sa porte il me semble
entendre un murmure, un « bill ». OK j'dois être parano...
Mais peut-être a-t-il senti ma présence...

[...]

Je sors de la salle d'eau, mes cheveux encore dégoulinants, avec juste un boxer
et un T-shirt sur moi. Il fait trop chaud pour s'habiller plus que ça de toute
façon. Tom a mis le chauffage à fond dans l'appartement ! En parlant de lui...
j'entends la télé, il est réveillé...

J'entre dans la cuisine et le vois. Il est accoudé à la table, le nez dans son café,
plongé dans la contemplation du liquide brun et fumant. Il a encore la tête dans
le cul, c'est mignon. Habituellement on se fait un smack pour se dire bonjour,
même si on s'est pas encore lavé les dents. C'est comme un petit rituel.
Mais honnêtement là, je pense que ce petit geste serait assez mal accueilli.

Je prends le bocal de la cafetière et ouvre une porte d'un de nos nombreux
placards mais, pas de tasses. J'en ouvre une deuxième, puis une troisième,
finalement je les fais toutes mais rien. J'ai l'air tellement idiot, et je suis sûr qu'il
jubile de me voir perdu ainsi. J'hésite :

- T... Tom ? Tu saurais pas où sont les tasses ?

Il a un bref rire cynique et se lève. Il se barre dans le salon avec son mug, sans
me répondre. OK vive le vent !
Je m'assois sur la chaise, là où il était 5min avant et parcoure la cuisine du
regard. Mes yeux se posent sur le lave vaisselle. Euréka ! J'ouvre et constate que
tout est sale. Ca fait combien de temps que la femme de ménage n'est pas
passée ? Outre ça, il faut avouer qu'ici c'est le bordel ! Je nettoie donc ma ptite
tasse et déjeune tranquillement.

Une fois rassasié, je mets le lave vaisselle à tourner, histoire qu'on ait quand
même des trucs propres. Ensuite, je vais m'asseoir sur le canapé, à coté de mon
frère, qui se lève automatiquement. A croire qu'il ne veut pas rester dans la
même pièce que moi. J'en suis persuadé d'ailleurs...

Je regarde la télé pendant qu'il prend sa douche. Sorti, je l'entends aller fouiller
dans sa chambre. J'suis pas possible moi, une vraie commère ! Il passe ensuite
devant la porte de la salle et sort ses clefs, s'apprêtant à partir.

- Tu vas où ? Je lui demande tout à fait normalement.

Il continue de marcher jusqu'à la porte d'entrée. Mais je ne sais pas ce qui me
pousse, je ne veux pas le laisser partir. Ou du moins pas sans savoir où il va.
Je me mets entre lui et la sortie.

- Tom ! Tu vas où ? Je répète plus fermement.

- Dégage, t'es pas ma mère, j'ai pas de comptes à te rendre.

Je me renfrogne un peu. Il ne m'avait jamais parlé comme ça, et ça m'attriste
que la première phrase qu'il prononce soit celle là.

- Oui mais je suis ton frère. Et je le droit de savoir.

- Hm... jm'en branle, allez pousse toi !


- Non j'te laisserai pas partir comme ça ! Mais pourquoi j'dis ça moi ?!
Ca fait des mois qu'il me dit plus où il va. Pourtant c'est important pour moi.
AUJOURD'HUI je VEUX savoir !

- Bill, tu commences sérieusement à m'énerver ! Pourquoi tu me fais chier comme ça ?! Hurle-t-il.

- Je... qu'est-ce que je peux lui répondre ? Je... je m'inquiète pour toi grand frère.

Je baisse la tête : regrette déjà d'avoir prononcé ces mots. J'fais trop pitié.
Dans ses yeux, on croirait de la compassion, voire un pointe de culpabilité...
Mais il passe devant moi sans rien répondre. J'attrape son bras.

- Non s'il te plait Tom... reste...

# Posté le jeudi 22 novembre 2007 17:11

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:34

Chapitre 14

Chapitre 14
- Non s'il te plait Tom... reste...

Il se dégage de mon emprise et tourne la poignée de la porte.
Avant de sortir il murmure sans me regarder :

- Ne t'inquiète pas, je rentre ce soir, ne m'attends pas.

Mon c½ur fond. C'est une petite victoire. De un il m'a adressé la parole, et de
deux, c'était pas pour me dire un truc méchant.

Je ferme la porte a clef derrière lui et m'y adosse. Je me laisse glisser le long du
bois et enfouie ma tête dans mes bras.

Le contact avec sa manche n'a duré qu'une fraction de seconde mais j'en aie eu
de l'électricité dans tout le bras. C'est CA qui m'avait manqué : notre relation
physique. Avant on se voyait tout les jours, on se parlait mais surtout, on se
prenait dans les bras, on se faisait des ptits bisous... on dormait même ensemble
parfois. On était tellement complices ! Alors rien que ce touché... ça m'a
complètement retourné. C'est comme si on donnait 3milligrammes d'héroïne à
un drogué en manque. Ca réveille d'abord ses pulsions, et ensuite, ça lui donne
envie de plus. Moi c'est pareil. J'peux pu vivre comme ça. J'peux pas faire
comme si on était des étrangers indéfiniment.

Il FAUT que je provoque une réaction chez lui. Là j'ai presque réussit...
Il FAUT que j'engage une discussion, qu'on mette les choses à plat...

Le téléphone sonne et me sort de ma rêverie. J'avais perdu l'habitude de
l'entendre d'ailleurs...

- Allo ?

- Salut Bill, c'est Georg. Ca va ?

- Euh... oui oui et toi ?

- Oui super. Ca me fait plaisir que tu sois sorti...

- Merci, moi aussi ça me fait plaisir d'être sorti.


Il a un rire bref et continue.

- J'voulais savoir, tu fais quelque chose aujourd'hui ?

- ... Non, j'ai rien de prévu pourquoi ?

- Ca te dirait de passer à la maison ?

- Bien sûr ! J'arrive tout de suite !

- OK, a plus... tuuut tuuut


Wouha ! C'est cool qu'il ait pensé à moi ! Ca me remonte le moral.

Je me précipite dans la salle de bain et ouvre l'armoire à pharmacie. C'est là que
je rangeais mon maquillage, et à première vue rien n'a changé.

Je m'applique un léger trait de crayon noir et du mascara ainsi qu'un peu de
gloss. Je vais ensuite dans ma chambre et enfile une paire de baskets.

Je reste quelques secondes face à ma penderie pour savoir quelle veste porter...
J'enfile un pull, n'oublions pas que c'est encore l'hiver, et choisis un blouson de
cuir noir. Ca fera l'affaire.

Je sors de l'appartement et ferme à double tour. J'appelle l'ascenseur qui me
conduit ensuite au sous sol. C'qui est bien dans ces résidences de riches,
c'est qu'on peut garer nos voitures au parking sous terrain.

Je monte dans le véhicule aux vitres teintées, règle les rétroviseurs et allume la
radio pendant que le moteur chauffe. Ca fait longtemps que titine n'a pas été
utilisée, bien que je suspecte Tom de s'en être servi durant mon absence...

Je roule jusqu'à sortir de la ville, la maison de Georg étant à l'écart de tout cet
urbanisme. Il a pensé que c'était mieux dans l'intérêt de la fondation de sa
famille avec sa fiancée Sarah. A Hambourg il se faisait repérer trop souvent.
Et puis les paparazzis connaissaient son adresse. C'était une vraie mission
commando de sortir de chez lui. Pour nous aussi ça l'était d'ailleurs. On a du
changer plusieurs fois de résidence. C'était vraiment très chiant ! Là au moins
on s'est fait un peu oublié, on est plus tranquilles.

Après presque 25minutes j'arrive devant la demeure du bassiste. Bon star oblige,
elle est entourée d'une haute clôture de métal et surveillée par des caméras,
mais c'est tout de même très joli.

Ma voiture s'approche du portail. Je sors et va appuyer sur l'interphone. Une voix
me dit qu'elle ouvre la grille pour que je puisse entrer. Je me replace face à mon
volant et pénètre dans la vaste propriété alors que les portes se referment après
mon passage.

Je me gare dans la petite allée tandis que Georg vient ouvrir la porte.
Il me donne une poignée de main et m'invite à avancer. La chaleur de la maison
m'envahie. Cela contraste avec le froid hivernal au dehors.

Je le suis dans le petit salon et on s'assoie sur des fauteuils.

- Salut Bill, dit une voix

Je me retourne et remarque Sarah. Elle me sourit.

- Bonjour.

- Tu veux quelque chose à boire ?
Me demande-t-elle en bonne maîtresse de
maison.

- Je prendrais un café, merci.

Elle s'en va et Georg entame la discussion :

- Alors, comment ça va ?

- ... Bien, j'suis content d'être libre. Et toi ?

- Un peu stressé, la date du mariage approche et on court à droite et à
gauche pour que tout soit prêt.

- Oui, c'est long à préparer un événement aussi important...


Un silence s'installe et je demande enfin :

- Je... tu voulais me voir pour me parler de quelque chose en particulier ?

Il devient tout nerveux et bégaye :

- ... oui c'est... pas facile à dire... je... je sais pas si j'peux oser.

- Quoi ? C'est grave ? Je demande surpris.

- Oh non Bill ne t'inquiète pas !

- Bah alors dis moi !

- Voilà c'est pour le mariage, je sais pas si tu vas être d'accord mais...


Oula, j'le sens mal. Il va me dire qu'il veut pas que je vienne pour pas lui gâcher
sa fête ! En même temps je le comprends... qui voudrait d'un gar comme moi à
son mariage ?!

- C'est bon j'ai compris je viendrais pas, dis-je un peu déçu.

- Faut pas que tu le prennes comme ça... mais c'est important pour moi
que tu...

- Oui je sais ! Qui voudrait de moi à sa table ?! C'est pas grave Georg,
j'penserai fort à toi !

- Non non tu n'y es pas du tout, c'est pas ce que je veux te dire...

- Si je vois ce que tu veux dire : j'ai foiré ta carrière et celle des autres,
j'suis une sale tapette violente, j'veux pas salir ton image..


Je me lève pour partir alors que je viens à peine d'arriver mais il est plus rapide
que moi et me repousse sur le fauteuil.

- Ecoute bien : Gustav est mon témoin de mariage, Tom lui ne veut pas
venir. Tu es une des personnes les plus proche de moi, je n'ai ni frère ni
s½ur et j'ai besoin d'un autre témoin. Est-ce que toi, Bill, tu voudrais
être mon autre témoin ?

- Je... je sais pas quoi dire.

- Il me faut une réponse.

- Oui. Ma réponse est oui ! Bien sûr je serais très honoré d'être ton
témoin !

- Au moins ça de réglé.
Dit-il en se rasseyant Et je ne veux surtout pas que
tu penses que je t'en veux ou quoi que ce soit. On est ami depuis bien
trop longtemps pour que tu disparaisses de ma vie aussi facilement.


Je souris soulagé. J'ai un peu honte d'avoir pensé qu'il puisse dire ça de moi.
Il reprend le fil de la discussion plus calmement mais en abordant un sujet tout
aussi sensible :

- Et avec Tom, ça se passe comment ?

- Bof... il veut pas me parler. En fait il veut même pas voir que j'existe.
Au fait... pourquoi il vient pas à la cérémonie ?

- Tu sais, depuis que t'es parti il a coupé les ponts avec tout le monde et
ne donne de nouvelles à personne. Ta mère s'inquiète beaucoup
d'ailleurs. Quoi qu'il en soit j'lui aie téléphoné pour savoir si il venait car
il n'avait pas répondu à mon carton d'invitation et il m'a simplement
répondu que ce genre de broutilles ne l'intéressait pas.

- Quoi ?! Il a dit ça !

- Il ne sort presque plus, c'est devenu un vrai no-life. Si il sort c'est juste
pour « chasser de la meuf », quand il a trop besoin de sexe.

- Parce que les pétasses qu'ils baisent sont plus importantes que toi
peut-être ?

- ... c'est un malaise plus profond que ça. On dirait qu'il est en
dépression... il s'est énervé sur votre femme de ménage y'a une
semaine et l'a viré.

- Ah, j'me disais aussi que c'était vraiment le bordel. Mais si il... il a
perdu le goût de vivre comme ça c'est... parce que la musique c'est finit
pour nous...

- J'crois pas que ce soit ça. Et j'crois pas non plus que ce soit
définitivement fini. C'est pas parce que cette maison de disques veut
plus de nous que les autres ne sont pas intéressées. De plus, une réelle
pause n'est pas de refus...
Bref, le malaise vient de toi à mon avis. Le fait que tu sois pas là, j'sais
pas ça l'a fait dérapé...

- Voilà les garçons...
La jeune femme interrompt la discussion à un moment
cruciale en nous apportant sur un plateau nos tasses à coté desquelles est
disposée une assiette de gâteaux secs.

Elle s'en va aussi rapidement qu'elle est venue et nous laisse reprendre notre
dialogue. Georg parle plus doucement, se rendant compte que les murs ont des
oreilles.

- Je disais que... bien qu'il n'en ait pas l'air, il a besoin de toi.

- Comment je fais pour le soutenir et l'aider sans lui adresse la parole ?

- Justement, il faut provoquer un échange.

- J'ai essayé ce matin mais on s'est disputé. Il me hurlait dessus.
Il semblait me détester.

- C'est déjà bien. La colère est un sentiment extrême, et c'est déjà un
début qu'il ressente quelque chose pour toi. Tu sais, la haine est
souvent proche de l'amour.

- Merci Georg, t'es vraiment un mec super.

- Je sais,
dit-il en portant le mug à ses lèvres, la fumée sortant du récipient.

On reste quelques minutes à grignoter puis on change de sujet. Il me propose
ensuite de jouer à la console... comme au bon vieux temps.

[...]

Il est tard, j'ai passé toute l'après midi chez Georg. Il m'a donné des conseils
pour faire évoluer la situation, maintenant à moi de les mettre en oeuvre.

Là je suis affalé dans le canapé, télécommande en main, à attendre un Tom
hermétiquement fermer à un quelconque échange d'aucune sorte.
Pourtant j'attends, et j'espère que les choses vont s'arranger...

J'entends le déclic dans la serrure. Il arrive dans la petite entrée mais il n'est pas
seul, j'entends aussi des rires. Je me tords le cou pour apercevoir qui est avec
lui. Une petite rouquine est pendue à ses lèvres et... il lui touche le cul
cet obsédé.

Je ne sais pas pourquoi mais cette vision me révolte. Je me lève et va vers le
couple :

- J'peux savoir ce qu'elle fou là Tom ?

Il lève les yeux, visiblement énervé. La jeune fille se décolle un peu de lui et
recommence à rire. J'y crois pas ! Elle est bourrée ! Et en plus elle doit même
pas avoir 18ans ! Mais il fou quoi ce con ?!

- J'ai le droit de ramener qui je veux ! Je suis aussi chez moi ici.
Allez viens, dit-il en la tirant par le bras.

- Tom ! Tu sais qu'elle âge elle à au moins ?!

- Ecoute frérot, je sais même pas comment elle s'appelle, tout ce que je
veux c'est la sauter !


Elle ri et murmure :

- Oh oui, saute moi bébé...

Je rêve ! Pourquoi ma mère m'a foutu un jumeau aussi idiot ?!

- Si tu fais ça j'appelle les flics et j'leur dit que tu joues dans le
détournement de mineur.


Il se stoppe de marcher vers sa chambre.

- Tu ferais pas ça...

Je sors mon portable de ma poche.

- On parie ?

- ...

- Alors Tom, lequel de nous deux va gagner ce pari ?... c'est quoi le
numéro de la police déjà ?


Il se rue sur moi et m'arrache l'objet. Son visage est à peine à 5cm du mien.

- T'as pas intérêt à faire ça ! Déclare-t-il sèchement.

La gamine perd son sourire, s'apercevant enfin de la situation.

- Je... je vais y aller... dit-elle.

Il se retourne et ordonne :

- Non, toi tu restes !

- C'est... c'est bon, j'veux pas que t'aies des problème, ni que tu te
disputes avec ton frère.


Il ne réplique ni ne bouge pas. Elle sort de l'appartement en vitesse comme
effrayée de se retrouver au milieu d'une violente tempête.
Tom s'écarte de moi et tape du poing contre le mur.

- Putain ! Putain ! Pourquoi faut que tu fasses tout foirer comme ça !

- ... et toi, t'as envie d'en mettre un autre fille enceinte? Une ça te sufisait pas?!

- T'es con de croire à ces conneries ! Tu sais très bien que c'est FAUX !

- La facilité avec laquelle tu baises à tout va ne joue pas en ta défense...

J'te déteste Bill.
Il relève ses yeux larmoyants de rage vers moi.
T'entends ça : j'te déteste !

[...]

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 09:50

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:36

Chapitre 15

Chapitre 15
T'entends ça : j'te déteste

Comment il peut me dire ça ? J'suis son jumeau putain de merde !
J'peux comprendre qu'il m'en veuille mais de là à dire un truc pareil.
Le pire c'est qu'il a l'air de vraiment penser ce qu'il dit...

Il se casse dans sa chambre, me laissant pantois. J'ai l'impression qu'il m'a
transpercé avec une épée. Je suis totalement paralysé. J'voulais pas en arriver
là. J'voulais pas une autre dispute. J'veux que tout s'arrange.

Il n'a pas tord, j'ai ENCORE tout fait foiré...

[...]

Trois semaines sont passées depuis notre dispute. On n'échange toujours aucun
mot. On ne se croise presque pas non plus. Le jour il est je ne sais où et quand
il rentre je suis déjà couché. Quand il reste à l'appartement, c'est moi qui ne
suis pas là. Je rends visite aux amis, à la famille ; je suis même allé voir Sven.
Je sors aussi au cinéma, j'fais les magasins...
Les gens dans la rue ne me reconnaissent presque pas. Bon je fais quand même
attention à me « déguiser ».

Là, je suis allé dans une petite boutique chic pour m'acheter des nouveaux jeans
mais rien n'est vraiment à ma taille...

J'entre dans le vestibule. Tom est à la maison.

J'arrive dans le salon et vois... des cartons ?

- C'est quoi CA ? Je demande à mon frère qui est penché devant l'un d'eux.

- Des cartons. Il me répond sur un ton tout à fait normal, sans me regarder.

- J'ai bien vu que c'était des cartons mais c'est pourquoi faire ?
Je dis avec une voix complètement paniquée.

- Pour mettre mes affaires dedans...

J'avoue que je ne comprends pas très bien. Ou alors je ne veux pas
comprendre...

- Mais... t'as pas assez de places dans tes placards ?

Il se relève enfin et me dit :
- Bill ! Je déménage.

- Tu... quoi ?

- JE - DE-ME-NA-GE. Qu'est ce que t'as pas compris là dedans ?

- Ce que j'ai pas compris ? J'ai pas compris l'UTILITE !

- L'utilité c'est de ne pas vivre dans le même appartement que toi.


Aïe ! La je suis bien obligé de voir la réalité en face. Je ne peux pas m'empêcher
de ressentir de la tristesse et de l'amertume. Des larmes menacent de couler.

- Je... Tom tu... tu peux pas faire ça... On vit ensemble depuis notre
naissance.

- Bah si je peux la preuve ! Pi' faut bien qu'on se sépare un jour.
Tu vois bien que ça peut plus marcher comme avant.

- Tu comptes aller où ?

- J'ai trouvé une maison à l'écart de la ville, un peu dans le même genre
que celle de Geo.

- C'est trop grand pour toi tout seul !

- J'ai besoin d'être seul ! On ne peut pas avoir chacun une petite amie
en continuant comme ça...

- Jm'en fou j'ai pas de petite amie ! J'en ai pas besoin !
Ma gorge se serre.

- Moi si !

- Tu... pars quand ?

- D'ici quelques jours.


Un sanglot passe la barrière de mes lèvres et ma vue se brouille à travers
l'eau salée.

- Bill fait pas ton gamin ! On n'a plus 10ans on en à 20 ! On doit vivre
notre propre vie...


Mais comment lui dire que ma vie c'est lui ? Il est attristé de me mettre dans cet
état. Même si on s'est engueulé, même si il m'en veut, même si il a dit qu'il me
détestait, je sais qu'il ne prend aucun plaisir à me faire souffrir.

Je ne peux pas en supporter plus et quitte la pièce.

- Bill attend... déclare-t-il dans mon dos.

- TA GUEULE ! Je le coupe sans me retourner.

Ca a suffit pour qu'il lâche l'affaire et qu'il n'essaie pas de me rattraper.

Je m'enferme dans ma chambre et je laisse tout sortir. Les larmes coulent
comme un torrent sur mes joues. Je renifle péniblement et j'ai mal à la tête
tellement mes pleurs sont forts. Je n'aurais jamais cru qu'on se séparerait et
encore moins que ça ferait si mal. Je sais pas quoi faire, je suis désespéré.
J'ai l'impression que c'est la pire chose qu'il puisse m'arriver...
Je prends mon portable :

- Allo. Me dit la voix

- Gus' c'est... *sanglot* Bill je... je ne continue pas ma phrase et recommence
à fondre en larmes.

- Oula ! Ca à pas l'air d'aller, qu'est ce qu'il se passe ?

- C'est Tom il... il...

- Bill, calme toi, respire profondément et explique moi.


J'essaie de me maîtriser

- Il veut partir de l'appartement Gustav... J'veux pas... J'peux pas vivre
sans lui.
J'arrive à articuler avant qu'une nouvelle vague de sanglots ne me
traverse.

- OK écoute, j'vais pas débarquer maintenant, il va trouver ça bizarre et
il va se braquer tout de suite. Toi, passe me voir. Il va juste penser que
tu veux prendre l'air. Ce sera mieux pour parler. Et surtout, calme toi,
ça va s'arranger. Pi' j'suis sûr que t'as tout ton mascara qui coule là...


Il arrive à me faire sourire mais ne le voit pas.

- Allez, à tout de suite Bill.

- OK, merci Gus'


Je raccroche, enfile une veste et mets mes santiags un peu plus rassuré.
Je passe devant le salon sans regarder à l'intérieur. Je sais que si je le vois,
ma panique va reprendre.

Avec la voiture je suis en 5min chez Gustav qui habite un quartier voisin, dans le
même genre de résidence. La porte du hall est en train de se fermer derrière
une femme et je cours pour l'attraper. J'ai un peu la flemme de sonner à
l'interphone en fait. J'ai aussi la flemme d'attendre l'ascenseur et je me jette
dans la cage d'escalier. Le batteur n'habite qu'au deuxième étage. Je toc a la
porte complètement essoufflé et il vient tout de suite m'ouvrir.

- T'as fait vite dit donc ! Déclare-t-il.

- Je... sais... mais...attends... jreprendsmonsouffle.

- Reste pas là, rentre.


Je vais directement m'asseoir sur le canapé.

- Alors, explique moi exactement ce qu'il se passe. Dit-il en se mettant à
côté de moi.

- Tom s'est trouvé une maison, il est en train de faire ses cartons, il dit
qu'il peut pas continuer à vivre avec moi parce qu'en gros j'le laisse pas
respirer.


- Ah oui OK... Mais ça lui est venu d'un coup ?

- Je sais pas moi !... Non j'pense pas, si il a trouvé un logement c'est
qu'il cherchait déjà depuis un moment... Depuis qu'on s'est disputé en
fait. J'me suis énervé après lui parce qu'il avait ramené une fille chez
nous...

- Pourtant c'est pas la première fois...

- Je sais mais elle était mineure Gustav, et saoule en plus. Ca aurait pu
mal tourner pour lui... Apparemment c'est la goutte d'eau qui a fait
déborder le vase.

- Tu ne penses pas que quelque part il a raison ? Vous devriez vous
détacher un peu l'un de l'autre. A 20ans c'est l'âge d'envisager une
relation sérieuse avec quelqu'un par exemple, comme Georg le fait avec
Sarah.

- C'est un peu ce qu'il m'a dit. Mais moi mon avenir je l'envisage pas
sans lui. On s'est toujours dit qu'on vieillirait ensemble...
« Du bist alles was ich bin », tu t'en souviens toi, non ? Lui il a oublié...

- Il n'a pas oublié Bill, c'est juste que ses projets ont évolué. Tu peux pas
lui en vouloir de désirer sa propre intimité, et tu peux pas non plus le
forcer à rester avec toi.

- Je... sais... mais j'suis égoïste... je... veux pas le partager.


Un nouvel accès de larmes monte et je les essuie d'un revers de manche.
Le blond me prend dans ses bras, comme on consolerait un enfant.

- Je comprends, je comprends... vous êtes très liés. Pour l'instant on ne
peut rien changer. De toute façon tu ne peux pas prévoir ce qu'il va se
passer... peut-être que la vie seul ne lui plaira pas et qu'il voudra retourner avec toi...


Je me sépare de lui et plante mes yeux dans les siens. Il a un regard compatissant.

- J'espère...

- Bon, tu manges ici ce soir ?

- Non merci, c'est gentil mais non. Je vais rester avec lui avant que le
peu de temps dont je dispose ne s'écoule ; même si on ne se parle pas,
c'est pas grave...

- D'accord, mais appel moi si t'as un problème et je viendrais tout
de suite.

- T'inquiète...

[...]


Je sors du bâtiment et il fait déjà nuit. La neige tombe. Tout est blanc, c'est si beau.

Mais alors que je marche vers ma voiture, qui est garée sur un parking extérieur,
le talon de ma santiag se positionne mal sur un endroit du sol totalement gelé.
Je glisse vers l'arrière et mets ma main par réflexe. Je tombe de tout mon poids
sur mon poignet et entends un craquement. Je sens un frisson dans tout mon
bras suivis d'une douleur, ainsi que dans ma cheville. J'essaie de bouger ma
main mais ça fait beaucoup trop mal. J'crois que je me suis pété le bras.
Une douleur remonte aussi le long de ma jambe. Je crie de douleur.
J'suis complètement perdu. Je... je prends mon portable dans ma poche avec
ma main libre et cherche le dernier numéro appelé.

- T'as déjà besoin de moi ? Me dis le garçon

- Ah ! Putain ! Je... j'suis en bas de chez toi là. J'viens de glisser sur du
verglas, j'crois que je me suis pété un truc, j'arriverais même pas à me
relever tout seul. Descends vite s'te plait Gus' !


Après des minutes qui me semblent être une éternité, à essayer de ne pas hurler
sous la douleur qui se fait de plus en plus intense, Gustav arrive.

- Prends ma voiture. Je sors les clefs et les lui tends.

Il m'aide à me relever et à monter et m'emmène aux urgences.

[...]

Je suis assez vite pris en charge par un médecin qui me demande rapidement ce
qu'il s'est passé puis qui m'examine avant de me conduire en salle de radio.

En quelques heures je me retrouve cloué au lit avec un plâtre et une atèle.

- Bah t'es bien amoché ! Déclare Gustav en entrant dans ma chambre.

- Si tu crois que ça m'amuse... Franchement j'ai trop la poisse !
J'ai vraiment pas besoin de ça maintenant !

- Oué... pourquoi ils t'ont mis dans une chambre ?

- Ils me gardent en observation juste pour la nuit. J'ai un double fracture
de je sais pas quel os du bras, le poignet en bouillie et le pied de travers...


Il ri.

- C'est pas marrant ! Je déclare outré

- Au moins ici t'as tous les médocs que tu veux à ta disposition... et les
infirmières aussi. Et il me fait un clin d'½il. Au fait... j'ai appelé Tom pour
le prévenir que t'étais à l'hôpital...

- Sérieux ? Tu lui as dit quoi ?!

- Que t'avais eu un accident et que j'avais du te conduire de toute
urgence ici, et que... 'fin j'ai un peu exagéré la situation.

- Gus' ! Tu lui as dit quoi ?!
Je me redresse tant bien que mal,
plus que surpris.

- Que je savais pas si t'allais te réveiller...

- Tu déconnes ! Tu crois qu'on a besoin de ça ! Tu crois qu'il a besoin de
penser que je vais mourir ?!

- Pourquoi pas... Il va arriver d'un instant à l'autre alors tu ferais mieux
de paraître un petit peu plus... endormi.


Je grommelle du fait qu'il ait pris cette décision sans m'en parler. Mais au fond ce
n'est peut être pas une si mauvaise idée. Je m'allonge et enfouie ma tête dans
mon oreiller alors que quelqu'un ouvre la porte en trombe. Je ferme vite
les yeux.

- Bill mon Dieu !!! Il lui est arrivé quoi ?!

- Je... bah c'est que... là il est dans le coma...


J'ai tellement envie de rire ! Le blond ne sait même pas quel mensonge inventer.
Cependant Tom est tellement paniqué qu'il ne s'aperçoit de rien. Il se jette sur
moi. Je le sens tout proche à travers mes paupières closes.

- Dire qu'on venait de se disputer ! Si... si il mourrait je... je ne me le
pardonnerais jamais !


Il me prend la main et je frissonne un peu.

- Tu... tu crois qu'il m'entend ?

- Ah ça j'en suis même sûr !
Dit Gustav le plus honnêtement du monde.

- D'accord alors... Bill je... je voulais te dire que, il parle doucement pour
que notre ami n'entende pas ... j'suis désolé d'avoir dit que je te détestais,
c'était un mensonge. J'suis désolé de m'éloigner de toi aussi... mais
j'peux pas faire autrement... j'arrive plus à jouer l'indifférent. Tu sais...
le contact entre nous ça... ça me manque. Si je réagis aussi
méchamment c'est parce que j'veux te protéger de moi... j'ai peur de pas
me contrôler quand t'es là... en fait le problème c'est que je t'...


Quelqu'un d'autre entre dans la pièce, brisant la déclaration.

- Vous êtes Tom Kaulitz ? demande une femme.

- Oui c'est moi, je suis le frère de...

- Bill, je sais. J'ai beau être médecin je regarde la télévision.

Réplique-t-elle.

- Oui... Il... il va s'en sortir vous croyez ?

- Ses os ont été très touchés, ça va mettre un peu de temps à se
réparer...


Il éclate soudainement en sanglots.

- Voyons calmez-vous, ce n'est rien de grave...

- Mon frère est sur un lit d'hôpital, il bascule entre la vie et la mort et ce
n'est rien de grave ?!

- Ne dramatisez pas les choses...

- Si je dramatise ! Je sais que vous êtes habituée à voir des choses
horribles mais ce qui arrive à mon frère c'est... une tragédie !

- Ne vous inquiétez pas, il sera bientôt sortit de cette situation.
Il sera vite rentré chez vous.

- Vous mentez ! Vous savez qu'il est en danger de mort !
S'exclame-t-il.

- Voyons Monsieur Kaulitz, personne ne meurt d'une fracture du bras et
du poignet ou d'une foulure de la cheville de nos jours !

- Oui, mais mon frère est aussi dans la COMA !

- Non, votre frère DORT, mais avec le bruit que vous faites ça
m'étonnerait...

- Il ne va pas... mourir alors ?

- Bien sûr que non ! Nous le gardons en observation cette nuit mais il
sortira demain normalement.


Sur ce, elle quitte la pièce.

J'ouvre enfin les yeux et devant la tête dépitée de Tom, Gustav et moi ne
pouvons nous retenir d'exploser de rire.

- Vous êtes vraiment des enfoirés ! Crie-t-il avant de sortir lui aussi, en
claquant la porte.

- Alors, tu vois... mon plan n'était pas si mauvais...

- Il y a cru à fond !! Et le médecin qui ne comprenait pas pourquoi il
flippait juste pour une fracture... Par contre il va m'en vouloir...

- Il t'a dit quoi tout à l'heure à voix basse ?

- Rien, rien...

[...]

# Posté le samedi 01 décembre 2007 18:29

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:37

Chapitre 16

Chapitre 16
venu
me chercher à l'hôpital et qui m'a ramené chez moi. Tout seul, c'était
impossible. En effet je suis en fauteuil roulant jusqu'à ce que ma cheville se
répare. Je ne peux même pas avoir des béquilles, puisque mon bras est cassé
>.<

Je pénètre dans l'entrée et je me rends compte qu'ouvrir la porte et avancer
avec le fauteuil en même temps c'est super dur ! J'avance et passe devant le
salon, Tom est affalé devant la télé. Il ne me calcule même pas. Bon j'pense pas
qu'il ait déjà digéré le coup d'hier. >.<

Ah putain ! Ce couloir ne m'avait jamais semblé aussi étroit ! Pi' y'a du bordel
partout par terre ! Si il rangeait ça irait mais la même pas ! Pourquoi il a viré la
femme de ménage ce con ? T___T

Une roue se bloque sur un machin, j'vois pas ce que c'est il fait trop sombre.
J'me penche mais n'arrive pas à l'attraper, c'est du côté de mon bras cassé.

- Tooooom ? Je tente.

- ... Quoi ?

Hanlala il m'a répondu ! Ô miracle !

- Euh... tu peux venir m'aider je suis bloqué !

- Désolé Bill mais la je suis dans le coma alors DEBROUILLE TOI !


è_é Méchant Tomi ! Bon j'essaie de passer par-dessus le truc alors... et ¤PAF¤
putain de b*rdel de m*rde sa maman la **** **** (passage censuré à la place
nous vous diffusons un reportage sur le système de reproduction de la mouche
d'Amazonie ¤BAAF¤
) J'suis tombé, et j'ai mal au pied aïe aïe...

- Tom !

La douleur est trop intense et des larmes s'échappent de mes yeux. Et en plus je
sais qu'il ne viendra pas. Mais qu'est ce que je vais faire ? J'vais pas attendre
qu'il passe dans le couloir par hasard et qu'il me trouve vautré par terre ! Si ?
J'essaie de bouger mais je m'appuie sur le mauvais bras.

- AAAAAaaaargh ! Tom !

Un cri d'effroi parcoure l'appartement. Mon adorable (connard) de frère daigne se
bouger son cul et Ô il me voit.

- S'te... s'te plait, aide moi !

Il s'approche et me tire tant bien que mal sur mon siège qu'il a redressé.
Il me serre contre lui. Gott ! C'est trop... kyaaaaaa. Putain on dirait une vielle
groupie en manque --' Non mais Tom me prend dans ses bras ?! Vous vous
rendez pas compte ? Ca fait des mois qu'il n'a pas eu un geste affectif envers
moi. Il se détache un peu et prononce tout bas en me fixant de ses magnifiques
yeux noisette :

- Voilà, maintenant fais attention, j'vais pas venir te ramasser toutes
les cinq minutes.


Je suis encore en pleurs, j'ai eu si peur de rester bloqué là toute la journée.
Je renifle bruyamment.

- Me... merci.

Il me pousse jusque dans ma chambre et va pour sortir.

- Attends !

Il se retourne.

- Tu pourrais m'aider à me mettre sur mon lit... s'il te plait ?

Il hésite. Je vois que ça ne lui plait pas trop d'être en quelque sorte a
mon service.

- Bon d'accord, mais j'vais pas non plus faire ta boniche.


Il passe un bras sous mes genoux et moi je m'accroche à son coup et il me porte
en marié jusqu'à mon pieu. Non j'veux pas qu'il me lâche, je suis si bien contre
lui. J'ai l'impression que tout est rentré dans l'ordre. Que c'est... comme avant.

- Ca va ou la princesse désire encore quelque chose ?

- Bah puisque tu demandes, ça me dérangerait pas que tu me fasses à
manger.
Je lui dis timidement.

- ... OK mais c'est bien parce que t'es convalescent !

Un sourire s'affiche sur mon visage :

- Merci t'es le meilleur des grands frères !

- Je sais, je sais,
me répond-il avec sa modestie naturelle, je vais pas me
faire chier à préparer la bouffe, je commande des pizzas, tu la veux
à quoi ?

- Euh... comme toi !


Il va sortir et je le stoppe encore une fois :

- Dis Tom, tu m'en veux encore pour hier ?

- Je... je sais pas Bill
. Et il part de la pièce.

J'aurais voulu avoir ma réponse !! Bon, j'vais attendre qu'il m'apporte ma pizza
pi' j'vais retenter le coup ! Mwahaha Billou en mode 007 !

Enfin l'interphone sonne. Le livreur mon sauveur !

Tom entre avec mon carton dans la main et le dépose à côté de moi sur le lit.

- Tu... veux pas rester manger avec moi ?

Nooon, pourquoi j'lui aie dit ça ? Non mais répondez : POURQUOI ? J'vais encore
me manger un vent. Il va trouver une excuse pour se barrer ou quelque chose
comme ça ! Il réfléchi un instant. Ah j'le savais ! Il cherche une excuse !

- D'accord...

T___T Bon OK j'retire ce que j'ai dit. Il n'est pas si méchant finalement !
Il vient s'asseoir à mes côtés et ouvre son carton, je fais pareil. La merveilleuse
odeur se répand dans la pièce. On croque en même temps dans notre part, pas
jumeaux pour rien !

- Oh non Tom tu déconnes ! T'as fait tombé d'la tomate sur mes draps !

- Et... ?
Demande-t-il en relevant la tête de sa bouffe.

- Et... ? Ôo Et ça fait chier ! J'vais pas dormir dans une poubelle moi ce soir !

- Bah change tes draps !
Répond-il blasé.

- Oh bah oui super ! En fauteuil roulant quelle bonne idée !

- Bon bah... euh... j'vais t'installer un nid douillet sur le canapé.

- Le canapé ? --' T'es sérieux là ? T'as un frère handicapé et tu le fais
dormir su le sofa... c'est du joli.

- Rhoooo Bill fais pas ta diva ! Au prix qu'il coûte ça doit pas être si
terrible.
Et il mord à nouveau dans la pâte chaude.

- Bah si c'est pas si terrible alors dors dedans toi !

- Non moi j'ai mon lit ça me suffit !

- Mais... c'est un lit deux places et...

- Non non non non ! N'y pense même pas !!!
Fait-il en se reculant

- S'te plait Tomiiiiiiiiii !

- Non c'est mort c'est MON lit !


Je lui fais de grands chibieyes, au bord des larmes et lui prends la main.

- Arrête de me regarder comme ça ! Crie-t-il.

- Tomi... allez... je murmure à peine audiblement.

- Bon d'accord ! Mais c'est bien parce que j'ai la flemme de changer tes
draps. J'te préviens tu prends pas toute la place sinon j'te balance par
terre, blessé ou pas !

- OK... merci grand frère !


Je finis joyeusement ma pizza et m'affale sur le lit, le ventre gonflé.
Il fait de même et s'allonge à coté de moi. On est si... proches.

- Tu sais... ça m'a manqué.

- De quoi ?
Demande-t-il en tournant sa tête vers moi.

- La maison, les soirées ensemble... toi.

Il ne répond rien et se met à fixer le plafond d'un air neutre. Je continue :

- Tu n'as pas répondu à ma question.

- Laquelle ?
Il poursuit sa contemplation.

- Est-ce que tu es encore fâché contre moi pour hier, à l'hôpital ?

Il se rapproche de moi et plante ses yeux dans les miens.

- Tu sais... j'ai eu très peur. C'était vraiment pas amusant. J'comprends
pas pourquoi t'as voulu me faire croire ça en fait...


J'ai honte. J'me rends compte qu'il s'est vraiment inquiété.

- Je... je sais pas. C'était pas mon idée mais... j'avoue que j'ai quand
même suivit Gustav. J'avais... j'avais besoin de savoir si j'étais encore
important pour toi...

- Bien sûr que tu l'es. Tu es mon seul frère et je tiens à toi.
Il replace une
mèche de cheveux derrière mes oreilles avec tendresse et attention. Avec lui on
passe vraiment du chaud au froid !

- Alors pourquoi t'es si distant depuis que je suis sorti de... prison ?
Et pourquoi aujourd'hui tu es si gentil ?

- ... J'ai vraiment cru que j'allais te perde et... ce que je risquais de
perdre, c'est ce que j'ai de plus cher au monde... Tu es ce que j'ai de
plus cher au monde.


J'suis vraiment touché par tant d'attentions mais... je sais pas. J'lui en veux de
m'avoir rejeté...

- Tom, j'ai mal...

Il se redresse d'un air inquiet.

- Où ça ? Questionne-t-il sèchement, une pointe de peur dans sa voix.

Je pointe un doigt sur mon c½ur.

- Ici... tu m'as fait mal ici. L'inquiétude disparaît de son visage, laissant place
à de l'incompréhension. T'aurais pas du... t'aurais pas du jouer avec moi
comme ça. Tu ne me parles pas pendant des mois et aujourd'hui tu
joues le grand frère parfait, tu me fais une pseudo-déclaration...
Qu'est ce que t'attends de moi au juste ?

- C'est PAS une pseudo-déclaration ! Je le pense vraiment !
Se défend-il.

- J'suis désolé mais ça ne colle pas avec ce que tu me montres depuis
des mois !


Il baisse la tête un peu énervé mais je ne lâche pas :

- Tom ! Qu'est-ce que tu voulais me dire quand t'as cru que j'allais
mourir ?
Il garde le silence. QUAND EST CE QUE TU ME DIRAS CE QUE TU
PENSES VRAIMENT ?!!
J'hurle pour le faire réagir.

Il me gifle. Je reste bloqué sous le choc. Je n'ai pas vraiment mal je suis surtout
surpris. On était en train de se réconcilier et là...

- Ne hurle pas ! Et ne parle pas de ce que tu ne comprends pas Bill ! Dit-il
froidement mais avec calme et autorité.
Toi aussi tu m'as fait mal à cet endroit là Bill...

# Posté le lundi 17 décembre 2007 16:03

Modifié le jeudi 20 novembre 2008 15:38

L'appartement des jumeaux

L'appartement des jumeaux
L'appartement est un F4
Quand on rentre, on a le salon à gauche.
On peut voir un canapé en cuir et une table basse en verre en face d'un écran plat. La lumière provient d'une grande baie vitrée qui donne sur un balcon. A droite de la fenêtre il y a une bibliothèque en bois foncé et à gauche, la pièce est ouverte sur une salle à manger, mais les jumeaux ne l'utilise jamais, la table est beaucoup trop grande. Il y a aussi une grosse chaîne Hi-Fi et un aquarium...
La cuisine se trouve à droite de l'entrée, elle contient tout ce qui est nécéssaire notre survie, un frigo, un four, la bouffe... et une table où Bill et Tom prennent leur petit déjeuné.
Si on avance dans le couloir, on observe deux portes face à face, qui mennent chacune sur un chambre.
A droite celle de Bill, petite mais confortable. Un lit est collé au mur, juste à coté de la porte se trouve un burreau avec un ordinateur dernier cri. Il y a aussi une armoire et une télévision avec tout un tas de jeux vidéos, et bien sûr un miroir. Un imense chandelier se trouve près de la fenêtre, ainsi qu'une lampe gothique sur le burreau. Les couleurs dominantes sont le rouge, le noir et le blanc.
A gauche, c'est la chambre de Tom. C'est peu être la plus grande pièce de la maison mais sa taille provoque un manque d'intimité et de chaleur. Cependant, cela est compensé car la pièce donne sur un balcon surplombant la ville. Un lit a baldaquin occupe la majorité de la place. Il est entouré de deux petites tables de chevets. Au bout du lit est disposé un canapé rouge en forme de bouche pour qu'on puisse regarder la TV qui est un écran plat accroché au mur. Un burreau, lui aussi avec un magnifique ordi n'est pas loin du lit. La chambre possède aussi une armoire et des jeux vidéos.
Au fond du couloir se trouve les toilettes. Enfin la dernière porte de droite, donne sur la salle de bain. La salle d'eau est très lumineuse et épurée, la couleur blanche domine. Quand on entre se trouve tout de suite à gauche une douche, et a droite se dresse une superbe fontaine. Des lavabos surmontés de miroirs se prolongent tout le long de la pièces. Enfin, une cloison cache la baignoire.

Lookez les photos

Plan d'ensemble =>[X] [X] [X]
Salon => [X] [X] [X] [X] [X]
Salle à manger => [X] [X]
Cuisine =>[X] [X] [X] [X] [X] [X]
Chambre de Bill => [X] [X] [X]
Chambre de Tom => [X] [X] [X] [X] [X] [X]
Toilettes =>[X]
Salle de bain => [X] [X] [X] [X]


Alors, vous auriez imaginé ça comme ça?
N'empêche j'ai passé trop de temps pour faire cet article.
Déjà j'ai dû créer toute la maison, ensuite prendre les photos sous les bons angles.
Après j'ai retouché les photos et enfin je les ai héebergé sur un site et j'ai mis des liens...

EDIT :

Réponse à children-twins
Pour que Tom soit au courant pour les viols de Bill va falloir attendre, c'est absolument pas dans les prochains chaps, faut pas aller plus vite que la musique ! loool

ELLE a laissé le 1000ème com
Allez voir sa fic, elle est super ! (Jte lOve ma keunasse)

# Posté le mardi 18 décembre 2007 15:48

Modifié le mardi 18 décembre 2007 18:49