de l'éviter et de ne pas rester seul avec lui. C'est bien sûr impossible
sachant qu'on est dans la même cellule mais je fais mon maximum.
Trois jours de regards insistants de sa part, et fuyants de la mienne.
Il sait que j'ai peur de lui et il en joue. Il n'a pourtant rien retenté mais je
sais qu'il va le faire. Quand ? Quand je serai moins sur mes gardes
peut-être... Pour l'instant il voit que j'ai les nerfs à vif et ne me parle pas,
continuant de me torturer avec les yeux.
Là j'en peux plus je suis au bord de la dépression. C'est une sorte de
suspense insoutenable. J'ai même envie de lui demander d'en finir ;
qu'il m prenne une bonne fois pour toute et que ce manège s'arrête.
Je ne suis cependant pas assez fou pour ça et je pense que de toutes
manières, une fois qu'il l'aura fait, ce ne sera pas terminé. Pourquoi se
contenterait-il d'une seule et unique fois sachant qu'il peut profiter de moi
tous les jours ?
Je l'ai croisé dans les douches tout à l'heure ; il m'a frôlé et murmuré
un « t'as aimé » à peine audible. Mon c½ur a décollé croyant qu'il s'était
enfin décidé à me... violer, mais non il a continué son chemin.
Mon repas est posé devant moi, je n'y ai pas touché, je n'ai pas faim.
J'ai presque envie de vomir. Je me sens tellement sale et pathétique.
Je n'ai même pas su me défendre... Je veux être près cette fois, c'est
pour ça que je ne dors quasiment plus. Je me repose pendant les
quartiers libres, dans des endroits remplis de monde. La nuit je reste sur
mon lit, somnolant mes surveillant et guettant le moindre bruit. Quand il
descend de sa couchette je fais semblant de dormir, le couteau que j'ai
dérobé en cuisines serré fermement dans ma main.
Heureusement que Sven est là. Il ne sait pas exactement ce qu'il se
passe, juste que Kurtis est dangereux. Il me montre que je peux compter
sur lui. Pendant qu'on travaille, il me change les idées, toujours en train
de blaguer.
En ce moment je suis dans ma cellule, Sven n'est pas en train de me
distraire et je suis a la merci de Kurtis. J'ai peur. Je ne cesse de réfléchir
mais je sens mes yeux se fermer à contrecoeur. Non je ne dois pas
craquer... trop dur de résister... Mes muscles se relâchent et je suis
apaisé. Il n'y a plus rien que le noir et le silence. Le sommeil m'emporte.
Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi mais quand je me réveille, son
visage est au dessus du mien. Il est assis a califourchon sur mon bassin
et caresse mes cheveux. Je ne vois aucune tendresse dans son regard.
Je tente de me relever mais il appuie sur mon épaule me forçant à me
rallonger ; puis il plaque une main sur ma bouche. Je... je ne réalise pas.
Toute la pression de ces derniers jours refait surface et me prend à la
gorge. J'étouffe un sanglot mais ne peu retenir une série de larmes qui
coulent comme une rivière et se perdent dans mes cheveux. Il ne fait rien
d'entreprenant mais j'ai peur voilà tout. Je suis comme un enfant perdu,
une pauvre chose meurtrie, je n'ai plus aucune volonté ni aucune
défense, plus de pensée, rien, la peur...
Il passe avidement sa langue sur ses lèvres et glisse sa main libre sur
mon torse. Il se stoppe au bas de ma chemise qu'il soulève pour admirer
mon tatouage en étoile. Il tapote ma peau du bout des doigts. Il franchit
la barrière de mon pantalon et je sui secoué de tremblements.
Je ne maîtrise plus mon corps, il a le contrôle.
Bordel j'peux pas le laisser faire ça ! Je préfère crever que de sentir sa
paume sur mon entrejambe comme à cet instant. Je préfère crever que
d'entendre son rire comme à cet instant. Je préfère crever que de le voir
se pencher et endurer son souffle dans mon cou comme à cet instant.
Je préfère crever plutôt que d'éprouver du plaisir à cause des caresses
sur mon sexe comme... comme à cet instant.
Pitié je veux crever...
Soudain, tout s'arrête ; IL s'arrête. Il part subitement en courant sur son
lit. Je me redresse sur mes coudes, incrédule. Je suis tellement heureux
que ce soit finit mais je ne comprends pas... Il n'a même pas été jusqu'au
bout, je n'ai pas eu à en supporter plus. Puis je capte... j'entends les pas
du gardien et les clefs de son trousseau qui s'entrechoquent.
Alors c'est ça... il avait peur qu'on le surprenne.
Le surveillant ouvre la cellule et déclare sèchement :
- Kaulitz, t'as d'la visite !
Seigneur Jésus la Vierge Marie les Anges et tous les Saints Lucifer ta
cousine et ton frigo ! Qui est mon sauveur ??? Je me dépêche de quitter
la pièce et suis l'homme. Cette fois, la salle des visites est vide.
Je m'assoie et je suis seul, seul face à mon jumeau...


